Gemapi : Protéger le territoire et ses habitants contre les inondations

Publiée le 14 février 2018

Depuis le début de l’année, la Métropole exerce une nouvelle responsabilité : la gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations. Explications.

Lucas Frangella/Grenoble Alpes Métropole

Le territoire métropolitain est traversé par trois cours d’eau majeurs : l’Isère, le Drac et la Romanche. Les dernières crues dévastatrices remontent à 1856 pour le Drac et 1859 pour l’Isère. Moins violente, la dernière crue de janvier dernier a cependant rappelé l’acuité du risque d’inondation dans la région et la nécessité de protéger les personnes et les biens.

Depuis le 1er janvier 201 Voir l'image en grand Lucas Frangella/Grenoble Alpes Métropole Fabien Mulyk, Christophe Ferrari et Christophe Mayoussier.8, Grenoble Alpes Métropole exerce justement une nouvelle compétence : la gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations. En résumé, la Gemapi prévoit l’entretien et l’aménagement d’un cours d’eau, la prévention des inondations, ainsi que la protection des sites et des zones humides.

La Métropole assume ainsi depuis le début de l’année la responsabilité de l’entretien et de la surveillance des ouvrages de protection sur son territoire, ainsi que la mise en œuvre des programmes de réhabilitation et de renforcement. Pour mémoire, le territoire compte 134 km de digue protégeant 149 000 personnes et 120 000 emplois.

Des réservoirs d’eau

« On a un peu oublié que notre territoire était potentiellement à risque, a déclaré Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole. Or, dans cette période de dérèglement climatique (…) avec des événements extrêmes de plus en plus fréquents (…), le véritable sujet est la protection de la population ».

La mise en œuvre de la Gemapi a été confiée au Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l’Isère (Symbhi) composé du Département (40%), de la Métropole (40%), et des communautés de communes du Grésivaudan, de l’Oisans, de Saint-Marcellin-Vercors-Isère ainsi que du Pays Voironnais (20%). Créé en 2004, le Symbhi a déjà mené de nombreux travaux en amont de Grenoble pour protéger le territoire.

Baptisé Isère Amont, ce projet concerne 29 communes (de Pontcharra à Grenoble) et 300 000 habitants. Des travaux de confortement des digues ont été réalisés : certaines ont été rehaussées, d’autres élargies ou confortées. Seize champs d'inondation contrôlée (CIC) ont également été aménagés pour protéger les zones urbaines. En cas de crue, l'eau sera stockée dans ces immenses réservoirs dont la capacité totale de stockage atteint 35 millions de m3.

La grande crue de 1859

Une vingtaine de bans et d’îlots sur la rivière ont été aussi arasés pour donner plus de place à la rivière entre les digues. Deux plages de dépôt ont été créées pour capter les matériaux charriés lors d’une crue. Des bras morts, des forêts alluviales, des gravières et des corridors biologiques ont été aménagés. L’ensemble de ces travaux a coûté 135 millions d’euros.

Voir l'image en grand Lucas Frangella/Grenoble Alpes Métropole Un des déversoirs construit par le Symbhi.« Avec ces aménagements, nous allons pouvoir prévoir les événements le long de l’Isère et de ses affluents, a indiqué Fabien Mulyk, président du Symbhi. Il faut rappeler que si une inondation comme celle de 1859 survenait aujourd’hui, il y aurait pour plus d’un milliard d’euros de dégâts. II vaut donc mieux prévenir que guérir ».

De nouveaux chantiers sont prévus sur le Drac dans sa traversée de l’agglomération et sur le plaine de Bourg-d’Oisans. Pour financer ces chantiers d’entretien et de construction, une taxe Gemapi sera créée et levée à hauteur de 2,5 millions d’euros. Elle sera répartie entre les personnes physiques et morales s’acquittant de la taxe foncière, de la taxe d’habitation (à l’exception des exonérations prévues par la loi) et de la cotisation foncière des entreprises.