Exposition "Nos mémoires vivent"

Du jeudi 22 novembre 2018 au samedi 30 mars 2019

Bibliothèque d'études et du patrimoine - Grenoble

Dialogues de deux photographes, Stéphanie Nelson et Alexis Bérar, avec le patrimoine photographique de la bibliothèque.
Des créations inédites qui explorent les liens entre le passé et le présent.

Informations pratiques

Horaires

Du 22/11/2018 au 30/03/2019
Ouverture le mardi, mercredi, jeudi et vendredi de 13h à 18h. Le samedi de 14h à 18h.
Fermé lundi et dimanche.
Vernissage le mercredi 21 novembre à 18h30.

Adresse

12 boulevard Mérachal Lyautey
38000 Grenoble

Coordonnées

Tarifs

Gratuit.

La bibliothèque d'étude et du patrimoine, lieu de mémoire et d'échanges, poursuit avec cette exposition originale sa dynamique d'ouverture sur le monde d'aujourd'hui. Le regard contemporain de deux photographes, Stéphanie Nelson et Alexis Bérar - dont certaines images font partie de la collection de l'artothèque de la bibliothèque municipale de Grenoble - se confronte avec d'anciennes photographies conservées dans les réserves de la bibliothèque sous forme de plaques de verre. Cette rencontre produit des créations inédites à travers le réveil de la mémoire.

Le fonds de plaques de verre de la SDAP, Société dauphinoise d'amateurs photographes, est entré à la bibliothèque en 1941, à la suite de la dissolution de l'association. Ses membres arpentaient le territoire objectif à la main, saisissant sur le vif autant la beauté des paysages que les particularités de l'habitat et les populations rencontrées. Les clichés et les inventaires associés, destinés souvent aux projections, relèvent de minutieuses représentations sur des sujets divers, allant du reportage géographique ou architectural, en passant par la photographie de familles, les photographes n'hésitant pas à se présenter parfois eux-mêmes comme sujets.

Alexis Bérar se confronte au paysage et à la dimension alpine des collections anciennes au croisement de la science, du tourisme, de l’alpinisme et de l’art, matrice de la photographie de montagne. « J’ai cherché à créer un espace existentiel entre les archives de la SDAP et mes archives personnelles. Pour cela Il me fallait, tordre le temps, amener ces paysages, ces individus et ces pratiques à se rencontrer, travailler entre fiction et document, entre couleur et noir et blanc. Ainsi se sont constituées des pièces, saynètes et ambiances articulant présences humaines, animales et paysages. »

Sa vision esthétique questionne le paysage et en propose une lecture contemporaine et poétique. Alexis Bérar instaure ainsi un dialogue entre la production artistique et un patrimoine à la fois photographique et naturel. Ce qui est familier devient étrange et différent amenant le visiteur à une confrontation avec l’inconnu et à une expérience proche d’une mise en danger.

Stéphanie Nelson entre dans la collection photographique par la porte de l’intime. Les photos-souvenirs et portraits de famille ne restituent qu’une mémoire familiale parcellaire, un album fragmenté. Le dialogue entre des images prises à cent ans d’écart l’a séduite. « Car la question de la mémoire y est centrale, tout comme elle l’est dans ma recherche photographique. Avec ce projet qui mêle la photographie patrimoniale à une création personnelle, je souhaite interroger le concept de "post-mémoire". Sommes-nous hantés par la mémoire de nos ancêtres ? Portons-nous les souvenirs, les nostalgies d’autrui ? »

Par la mise en relation sensible d’images passées et présentes, Stéphanie Nelson invite le visiteur à suivre un itinéraire singulier et « à retrouver le sublime qui se cache dans le quotidien. » La photo-souvenir cesse alors d'être un document et intègre une problématique plus complexe de quête de l'identité. Stéphanie Nelson tisse une mémoire de la famille faite de moments solennels ou anodins : une mémoire lacunaire, une forme de l'oubli.