Environnement : le Drac retrouve son lit

Publiée le 11 juillet 2017

Après plus de 20 ans de régime sec, le « débit réservé » du Drac a été augmenté pour restaurer la continuité écologique de la rivière. À suivre, l'aménagement du site de la Rivoire sur les berges.

Le débit réservé a été augmenté à 5,5 m3/s.

S’étendant des Hautes-Alpes à Grenoble, la vallée du Drac comprend six barrages et dix centrales hydroélectriques produisant en moyenne 1,7 milliards de kWh par an, soit l’équivalent de la consommation de 750 000 habitants (environ 60% de la population de l’Isère).

 

Parmi ces ouvrages, le barrage de Notre-Dame-de-Commiers restitue, depuis sa mise en service en 1965, 1,5 m3/s d’eau. A cause de ce faible « débit réservé », les quatre derniers kilomètres du Drac, avant sa jonction avec la Romanche, se sont asséchés, avec de fâcheuses conséquences pour la faune et la flore (460 espèces animales et 700 espèces végétales ont été recensées sur l’ensemble de la Réserve naturelle régionale des isles du Drac).

 

Pour restaurer la continuité écologique de la rivière, les acteurs locaux*, l’Etat et EDF ont donc décidé de « remettre en eau » le Drac, c’est-à-dire de porter son « débit réservé » à 5,5 m3/s. Il a fallu plusieurs mois d’études et d’essais avant de retenir ce scénario très précis. Il fallait d’abord garantir la sécurité des riverains.

 

Un site sécurisé

 

« C’est notre préoccupation majeure », a martelé Laurent Perrotin, directeur de l’unité de production hydraulique Alpes. La région reste marquée par l’accident de décembre 1995 quand six enfants et leur accompagnatrice scolaire ont perdus la vie après deux lâchers d’eau. Depuis ce drame, la sécurité a été renforcée et la baignade interdite.

 

Pourtant, malgré les risques, les rives du Drac demeurent très fréquentées. On estime qu’environ 20 000 personnes se rendent chaque année sur ces berges pour se promener ou se baigner. Pour encadrer cette forte « demande sociale », le site de La Rivoire, où s’est produit l’accident, va être aménagé et sécurisé.

 

De nouvelles barrières seront installées pour empêcher l’accès à la rivière et des panneaux érigés pour avertir les promeneurs du danger. Parallèlement, des sentiers pédestres seront tracés et un observatoire sera construit pour découvrir la faune et la flore. Les travaux d’aménagement devraient démarrer fin 2019, pour une livraison en 2020.

 

Une eau naturellement pure

 

Avant la remise en eau du Drac, il a fallu aussi s’assurer que l’augmentation du « débit réservé » n’allait pas altérer la qualité de l’eau potable distribuée en aval, et notamment dans la Métropole grenobloise. Celle-ci est puisée en effet directement dans les nappes alluviales du Drac et de la Romanche.

 

Naturellement filtrée, l’eau captée à 30 mètres de profondeur sur les sites de Rochefort et de Jouchy-Pré Grivel n’a pas besoin d’être traitée avant d’être envoyé dans les robinets des consommateurs. La Métropole grenobloise est la seule agglomération (avec Mulhouse) à bénéficier d’une eau potable aussi pure.

 

« Des mesures journalières de la qualité de l’eau ont été menées pendant des mois et des mois pour s’assurer que la qualité de l’eau reste inchangée, conclut Christophe Ferrari, président de la Métropole en charge de la compétence eau depuis 2015. La sécurisation en eau potable est ainsi garantie, et la sécurité sur les berges est aussi garantie. C’est ce que j’appelle un projet gagnant-gagnant ».

 

 

 

 

 

 

*Grenoble-Alpes Métropole, la Région Auvergne Rhône-Alpes, le Syndicat intercommunal de la Gresse, du Drac et de leurs affluents (Sigreda)