Domaine universitaire : un musée à ciel ouvert

Publiée le 15 janvier 2020

Le saviez-vous ? Les campus universitaires de la métropole grenobloise abritent un patrimoine artistique très riche. Sculptures, bas-reliefs, fresques de street-art… Depuis les années 60, l’art s’y épanouit sous les yeux des étudiants et l’ambition est bien de poursuivre. Des œuvres à (re)découvrir, par tous !

Le saviez-vous ? Les campus universitaires de la métropole grenobloise abritent un patrimoine artistique très riche. Sculptures, bas-reliefs, fresques de street-art… Depuis les années 60, l’art s’y épanouit sous les yeux des étudiants et l’ambition est bi
Le saviez-vous ? Les campus universitaires de la métropole grenobloise abritent un patrimoine artistique très riche. Sculptures, bas-reliefs, fresques de street-art… Depuis les années 60, l’art s’y épanouit sous les yeux des étudiants et l’ambition est bi : Photo ©Renaud Chaignet
Le Gentil Garçon, Eclipses, 2018 (Julien Amouroux)

Il y en a plus d’une cinquantaine. Certains gigantesques, d’autres plus modestes. Certaines sculptées dans la pierre, d’autres peintes sur les murs, d’autres encore en bronze. Un patrimoine unique d’œuvres artistiques disséminées un peu partout sur les campus de DSaint-Martin-d’Hères et de la Presqu’île scientifique de Grenoble.

La règle du 1% artistique

Une présence extrêmement dense que l’on doit à la volonté des différents responsables de l’université grenobloise qui se sont succédés depuis la fin des années 60 et qui a pu exister grâce au “1% artistique“ : une règle demandant à ce que, lors de la construction de nouveaux bâtiments, les pouvoirs publics prévoient 1% de la somme totale pour des commandes d’œuvres. Un dispositif né en France sous le front populaire, afin de soutenir le monde artistique qui n’avait plus de commandes après la crise de 1929… Et particulièrement bien appliqué dans l’agglomération grenobloise, riche de nombreuses œuvres installées dans l’espace public.

Des œuvres qui font réagir

C’est ainsi que le Campus compte parmi ses œuvres les plus marquantes une sculpture monumentale d’Alexander Calder* datant de 1974, dénommée La Cornue (un instrument de laboratoire), et « surnommée aussi par les étudiants “le Chat”, tant sa silhouette se rapproche d’un félin », sourit Bertrand Vignon, en charge du programme “Campus des Arts” à l’université Grenoble Alpes.

Il faut compter aussi avec trois productions de Pierre Székely, installées à proximité du bâtiment Pierre Mendès-France, ou plus récemment avec Éclipse, signée Le gentil Garçon et installée depuis deux ans dans l’ouest du campus. Une œuvre étonnante d’art “cinétique” plutôt « pop et rigolote ». Ou encore avec Hypnos, de José Seguiri, posée en 2018 à l’occasion de l’extension de Sciences Po. Cette tête ailée « a d’ailleurs fait réagir les étudiants, commente Bertrand Vignon. En bien ou en mal, peu importe. Notre volonté est d’offrir la possibilité à tous d’être confronté avec des œuvres d’art, sans aller au musée ou dans des lieux dédiés. »

Marchant dans les traces de leurs prédécesseurs, les dirigeants actuels de l’université suivent vaillamment ce chemin de l’art dans l’espace public, fidèles tenanciers d’une tradition grenobloise qui souhaite placer la culture dans la rue, au contact des habitants.

Du street art et d’autres œuvres à venir...

C’est ainsi que d’autres œuvres ont fleuri sur le campus ces derniers mois, qui relèvent cette fois du plus populaire street art, en lien avec le Street Art Festival Grenoble Alpes désormais très couru. Elles sont apparues d’abord sur les bâtiments du Crous (résidence Ouest) et désormais, sur les bâtiments de l’université. « Nous avons passé notre première commande l’an dernier », témoigne Marie-Christine Bordeaux, vice-présidente Culture et culture scientifique à l’UGA. Fait intéressant, « la demande est venue du personnel qui travaille dans le bâtiment. Elle a donné lieu à des discussions avec l’artiste, qui nous a fait des propositions. Puis, nous l’avons laissé s’exprimer ». L’œuvre est signée Augustine Kofie (un des grands noms du street-art abstrait) et traite du thème des mathématiques.

Et il y en aura d’autres… « Notre souhait est d’enrichir et de valoriser ce patrimoine », conclut Bertrand Vignon. Il annonce ainsi l’arrivée d’une œuvre monumentale du collectif néerlandais Observatorium pour la rentrée universitaire 2020, qui sera installée près du bar Eve. Pour découvrir toutes ces œuvres, le mieux est encore… de se rendre sur place. Différentes formules sont possibles : en visite libre ou guidée. Campus des Arts propose un site très documenté, avec une carte et des infos sur toutes les œuvres. Bonnes découvertes !

*La métropole compte deux autres sculptures monumentales de Calder : l’une devant le Musée de Grenoble, l’autre devant la gare de la ville.

Œuvre de Calder, La cornue.

 

Œuvre de José Seguiri, Hypnos devant le bâtiment de Sciences Po

Sans titre, Edgard Pillet, 1969. Ciment noir teinté dans la masse — Amphithéâtre Louis Weil, Université Grenoble Alpes - Place Centrale.