La Casemate : la rénovation a commencé

Publiée le 6 décembre 2019

Deux ans après l’incendie criminel qui avait ravagé le premier étage de la Casemate dans la nuit du 20 au 21 novembre 2017, la rénovation et le réaménagement de ce Centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) emblématique sont lancés.

Deux ans après l’incendie criminel qui avait ravagé le premier étage de la Casemate dans la nuit du 20 au 21 novembre 2017, la rénovation et le réaménagement de ce Centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) emblématique sont lancés.

Un premier étage entièrement détruit. Des machines, des outils et des matériaux complètement fondus ou partis en fumée. Tel était le triste constat déploré par les équipes de la Casemate au lendemain de l’incendie. Ce jeudi 5 décembre s’est donc tenue sur place la pose de la première pierre de la rénovation et du réaménagement du CCSTI, en présence de son président Bernard Pecqueur, des architectes en charge du projet, et en compagnie des élus de la Métropole, du Département, de la Ville de Grenoble et des représentants de la Préfecture et de l’Université Grenoble-Alpes. L’occasion pour les architectes de présenter les premiers travaux d’un projet « humble et sobre » visant à la fois à « préserver ce bâtiment patrimonial emblématique » tout en lui apportant une « touche de modernisme ».

Remercier les donateurs

« C’est un grand jour pour nous », a déclaré sur place le président de la Casemate, Bernard Pecqueur. « Cela fait deux ans qu’on attendait ces travaux, et c’est l’occasion de remercier formellement l’ensemble des plus de 500 personnes individuelles qui ont donné à la Casemate après l’incendie, en dehors des subventions et du soutien des collectivités territoriales. On a vraiment le sentiment d'avoir constitué une communauté (…) On est donc là pour fêter le démarrage des travaux mais également pour célébrer le nouvel avenir de la Casemate qui ne s’est jamais arrêtée puisqu’on a immédiatement rouvert un Fablab au rez-de-chaussée ».

Le premier étage nettoyé et mis à nu

Avant de débuter les travaux, c’est d’abord un grand nettoyage des murs qui a été pratiqué (savonnage, sablage) afin de décaper les suies causées par les importantes fumées provoquées par les flammes. Le premier étage a donc été entièrement mis à nu pour retrouver sa virginité d’antan : du sol au plafond, c’est bien la pierre qui s’impose en une multitude de voûtes aussi massives qu'impressionnantes… Car avant de devenir, en 1979, le deuxième CCSTI de France après celui du Palais de la découverte à Paris, la Casemate était à l’origine un bunker construit en 1830 dans le cadre de la fortification de la colline de la Bastille par le général Haxo. Elle servait à entreposer des pièces de canon et à loger des troupes en temps de siège, il fallait donc que l’édifice soit solide !

De la pierre, du bois massif et du verre

C’est donc en nettoyant et en remettant d'abord à nu ce premier étage, que les architectes ont imaginé la suite : « Nous avons souhaité apurer tous les éléments architecturaux afin de valoriser au maximum l’architecture originelle du bâtiment », a expliqué en préambule Jean-Marc Aufauvre, l'un des architectes en charge du projet. « Notre charte de matériaux est humble et sobre car ce bâtiment patrimonial emblématique parle déjà de lui-même », a abondé de son côté l’architecte Dominique Marcon. « Nous allons garder la pierre, utiliser du hêtre massif pour le sol et du verre pour les cloisons et les fenêtres ».

Une multitude de zones selon les usages

Une fois les travaux terminés à l'été 2020, le premier étage se partagera du nord au sud en deux grands ensembles afin d’insonoriser - mais sans les séparer ! - les lieux de création et les lieux de fabrication plus bruyants.

Dans le détail, le premier étage comportera d’abord une entrée conviviale toujours accessible par les escaliers, mais aussi désormais par un ascenseur. Elle sera suivie par un espace de conciergerie et de convivialité, comportant un bar, des zones de travail, de rencontre et d’échanges, les architectes ayant aussi pris soin de prévoir une zone de silence et de coworking.

Une extension de 100 m2 réversible

De cet espace, l’usager pourra se détendre en se rendant sur une petite terrasse avec vue sur Belledonne et l’Isère, la grande nouveauté étant une extension de cette terrasse, le long de la rue Saint-Laurent et faisant l’angle du quai des Allobroges. Cette salle polyvalente de plus de 100 m2 permettra de recevoir du monde pour des expositions ou des conférences, mais sera réversible si besoin, afin de redonner à voir le site tel qu’il était avant les travaux.

Un show room et un Fablab

Ensuite une grande galerie servira de lieu d’exposition (show room) et s’ouvrira sur la place Saint-Laurent grâce à de grandes baies vitrées qui permettront aux promeneurs de voir ce qui se passe à l’intérieur et aux usagers de la Casemate, d’avoir un oeil sur la rue. Dans les différentes alvéoles restantes seront construits des espaces d’accueil et de production (Fablab): c’est là que les machines seront situées pour expérimenter, réaliser des prototypes, faire des découpes, usiner...

Des réseaux enfouis

Enfin, pour conserver le bâtiment tel qu’il était à l’époque, c’est-à-dire sans électricité, sans eau et sans aération, les architectes ont décidé, après avoir découvert que le rez-de-chaussée et le 1er étage étaient séparés par une dalle de plus d'1m50, d’enfouir les réseaux destinés au traitement de l’air, de l’écoulement et de l’électricité qui couraient au plafond avant l’incendie.

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