Les PME de la zone d'activités Actipôle carburent désormais au très haut débit

Publiée le 5 novembre 2019

Face à l’insuffisance de l’offre numérique disponible dans la zone d’activités Actipôle, Grenoble-Alpes Métropole a développé sa propre infrastructure numérique de très haut débit. Une expérimentation inaugurée ce mardi 5 novembre 2019 qui pourrait s'étendre à d'autres zones d'activités métropolitaines.

Face à l’insuffisance de l’offre numérique disponible dans la zone d’activités Actipôle, Grenoble-Alpes Métropole a développé sa propre infrastructure numérique de très haut débit. Une expérimentation inaugurée ce mardi 5 novembre 2019 qui pourrait s'éten
"Grâce à ces travaux nous disposons depuis le mois de juin dernier d’un réseau à la fois fiable et qui carbure !", témoigne Éric Thomine, fondateur de l'entreprise Jade installée sur la ZA Actipôle depuis 2015.

Qu’il s’agisse d’échanger des informations, de travailler en réseau, de sécuriser ses transactions financières ou de faciliter le télétravail, la qualité de l’aménagement numérique d’une zone d’activités est l’un des critères d’implantation les plus importants pour les entreprises.

Sur l’ensemble des zones d’activités de la métropole grenobloise, il est déjà acté que les petites entreprises puissent d’ici 2022 profiter d’un réseau satisfaisant avec le déploiement de la fibre jusqu’au domicile pour les professionnels (FttH Pro, Fiber to the Home Pro) qui s’appuiera sur le réseau déployé aujourd’hui pour les particuliers (FttH). Les grandes entreprises, bénéficient déjà d’offres haut de gamme (FttO, Fiber to the Office) proposées par les opérateurs, avec un prix plancher compris entre 10 000 et 15 000 euros par an.

Les entreprises de taille moyenne à la peine

Si ces petites et grandes entreprises sont ainsi assurées, à terme, de disposer d’un réseau numérique correspondant à leurs besoins, l’offre demeurait néanmoins insuffisante du côté des entreprises de taille intermédiaire : la trop faible capacité numérique de l’offre FttH Pro d’un côté et le tarif élevé de l’offre FttO de l’autre, ne permettait pas aux entreprises comprises entre 20 et 200 salariés de jouir d’une offre adéquate, en relation avec leurs finances et leurs besoins.

"Un coût trop élevé"

"En 2017, les entreprises de la zone d’activités Actipôle ont fait collectivement le constat de l’insuffisance de l’offre proposée par leurs opérateurs Telecom pour les raccorder à la fibre optique dans des conditions correspondant à leurs besoins", évoque Pierre Mandret, président de l’Association des entreprises d’Actipôle (ADEA). "Les offres proposées par les opérateurs avaient un coût trop élevé pour les TPE et PME et ne pouvaient s’adresser qu’à de grandes entreprises. De nombreuses PME et TPE avaient cependant un besoin stratégique de disposer d’une offre alliant très haut débit, flux symétrique de données et garantie de temps de rétablissement, correspondants à leurs besoins professionnels, à des coûts accessibles pour elles. Les entreprises, regroupées au sein de l’Association des entreprises d’Actipôle (ADEA), se sont mobilisées pour identifier un cahier des charges commun dans le courant de l’année 2018 et se sont tournées vers la Métropole afin d’identifier les conditions de raccordement de l’ensemble de la zone d’activités à la fibre optique selon ce cahier des charges".

La Métropole, constructeur d'infrastructure numérique

En l’absence de solutions propices émanant du secteur privé et pour répondre aux sollicitations de ces entreprises de taille intermédiaire, la collectivité a donc souhaité intervenir en menant elle-même une première expérimentation, en tant que constructeur d’infrastructure numérique, sur la Zone d’activités Actipôle. Le nombre et la typologie des entreprises de cette zone la désignait en effet comme une “zone à fort potentiel”, sachant que, après sondage, 53 entreprises (sur les 120 ayant répondu) ont estimé que leurs besoins n’étaient pas satisfaits par les offres proposées actuellement par les opérateurs privés.

Un concessionnaire, des opérateurs

Concrètement, cette expérimentation a débouché sur la construction d’une infrastructure numérique sur cette zone de 90 hectares, afin de proposer une offre satisfaisante, pour un coût d’investissement de 70 000 €. Depuis la fin des travaux en mai 2019, cette infrastructure a été confiée au concessionnaire PVNum, lequel a désormais la charge d’exploiter ce nouveau réseau et de de le proposer auprès des opérateurs de service, au nombre d’une quinzaine environ, chargés de fournir le service aux entreprises de la zone.

Un débit symétrique de 30MB/s minimum

Ces opérateurs de services proposent aux entreprises un bouquet de solutions sur mesure permettant de répondre au plus près leur activité et leurs besoins. L‘offre d’entrée de gamme garantit pour environ 120 € par mois un accès à l’internet professionnel avec un débit symétrique (consommation et envoi de données) de 30Mb/seconde, une IP fixe, et une Garantie de temps de rétablissement (GTR) de 8 heures. Ce réseau a vocation à accompagner les besoins grandissant des entreprises au fur et à mesure de leur développement et permet déjà de répondre aux besoins des clients les plus exigeants en proposant jusqu’à plusieurs gigabits par seconde symétriques. Cinq mois après la première commercialisation, 22 entreprises se sont déjà raccordées à ce nouveau réseau.

Quid des autres activités métropolitaines ?

Si l’expérimentation en place sur la zone d’activité Actipôle est concluante, celle-ci pourra servir de modèle à l’ensemble des zones d’activités de la Métropole où des opérateurs privés sont déjà installés pour desservir les grandes entreprises, mais pour lesquelles un constat d’insuffisance de l’offre serait néanmoins réalisé d’ici 2022. La collectivité considère qu’une zone d’activités est en carence numérique à partir du moment où plus de 25% des entreprises de la zone déclarent que leurs besoins ne sont pas couverts, ni par les offres existantes, ni par celles annoncées par les opérateurs. Deux zones d’activités des communes Fontaine et du Fontanil-Cornillon sont en cours de consultation pour profiter des bénéfices de cette première expérimentation.