Le bon bilan grenoblois de la Coupe du monde féminine de la Fifa

Publiée le 8 juillet 2019

Les 5 matchs de la Coupe du monde féminine de la Fifa qui se sont déroulés dans l’enceinte du Stade des Alpes ont été largement plébiscités par le public grenoblois et étranger avec un taux de remplissage du stade de près de 90 %. Bilan

Avec plus de 80 000 places ayant trouvé preneurs sur l’ensemble des 5 matchs de la compétition, la Métropole grenobloise se place ainsi dans le Top 3 des neuf villes-hôtes de la compétition, juste derrière Lyon et Valenciennes en termes de places vendues. Cela malgré le plus petit stade de la compétition et un tirage peu favorable puisqu’aucune grande équipe de foot ne fut tirée au sort pour venir jouer à Grenoble dans les matchs de poules. Deux matchs ont même été joués à guichets fermés (Brésil-Jamaïque et les 8es de finale Allemagne-Nigéria) attirant chacun plus de 17 000 supporteurs.

Durant ces 5 rencontres, huit nations (Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Jamaïque, Nigéria, Nouvelle-Zélande et république de Corée) et 80 421 spectateurs dont 12 000 étrangers ont été accueillis dans l’enceinte du Stade des Alpes. « Nous avons travaillé fortement pour être collectivement à la hauteur de cet événement », explique Christophe Ferrari, président de la Métropole. « Aujourd’hui je peux vous dire que les retours concernant son organisation sont très positifs (...) On a rarement parlé de Grenoble de manière aussi positive et cela participe de notre volonté de reprendre la main sur l’image de notre territoire en faisant de lui une terre d’accueil pour les grands événements sportifs ».

Les montagnes, cet atout charme

Cet engouement a évidemment mis un coup de projecteur international sur la métropole grenobloise : le Stade des Alpes et ses verrières permettant aux spectateurs de voir les montagnes depuis les tribunes ont beaucoup contribué au succès esthétique de la compétition. Les téléspectateurs du monde entier ont aussi pu découvrir le cadre exceptionnel de notre région. Quelque 20 millions de Brésiliens étaient en effet devant leur poste de télévision pour la première rencontre grenobloise de la compétition qui a opposé le Brésil à la Jamaïque le 9 juin dernier.

« Nous ressentons déjà un peu de nostalgie depuis la fin de cet événement dont nous nous souviendrons encore longtemps et qui a eu un impact très fort sur le plan économique et touristique », assure Marie-José Salat, vice-présidente de la Métropole déléguée à l'économie. « Boostée par les visites et les médias, cet événement a contribué à redonner du dynamisme à l’image de la ville et du territoire ».

Il est par ailleurs à noter que cette compétition internationale féminine a attiré un public différent et renouvelé par rapport aux rencontres masculines de football et de rugby : un public plus familial et plus féminin qui n’avait encore jamais mis les pieds au Stade des Alpes s’est en effet déplacé en nombre. L’ambiance bon enfant, légère et enthousiaste fut marquée par d’innombrables chants et olas qui ont rappelé les ambiances vécues dans l’enceinte métropolitaine lors des précédentes rencontres de foot et de rugby féminin.

« Une grande réussite » pour les commerçants

Si l’on ne peut pas encore mesurer précisément les retombées réelles d’un tel événement sur le commerce et la restauration locales, l’Union des Métiers et des industries de l’hôtellerie de l’Isère (UMIH38) est satisfaite, estimant le taux d’occupation des hôtels entre 80 et 85% contre 50% habituellement sur la même période. « Cet événement a permis de réinscrire Grenoble au tableau des grandes villes de France dont on doit être fiers », s'enthousiasme Danièle Chavant, président de l’UMIH38. « Ça a été une grande réussite pour l’hôtellerie comme pour les bars et les restaurants qui ont bénéficié d’une ambiance bienveillante sans la moindre accroche en ville... Un événement comme celui-ci 2 à 3 fois par an serait le bienvenu ! ».

Un héritage pour le sport féminin dans le territoire

Participer à l'organisation d'une Coupe du monde de foot a nécessairement un impact matériel et immatériel sur le territoire qui l'accueille. Côté matériel, concernant le Stade des Alpes, ce dernier a été largement modernisé : d'abord, sa pelouse a été remplacée par une pelouse hybride plus résistante et sa capacité d’éclairement augmentée de 50%. Ensuite, son accessibilité, sa sécurité et sa signalétique ont été améliorées et ses vestiaires ont été rénovés. Enfin, grâce à l'automatisation de la billetterie, l’accueil des spectateurs a été fluidifié. Des investissements qui profiteront aux deux clubs résidents (GF38 et FCG) comme à toutes les rencontres qui se produiront à l’avenir au Stade des Alpes, rencontres féminines incluses !

Le terrain de Futsal mis à disposition par la fédération française de football au sein du Village de la Coupe du monde sera donné à une commune de la Métropole pour encourager la pratique féminine du futsal. La Métropole a d’ores-et-déjà lancé un appel à projets en direction de ses communes afin de l’offrir à celle qui présentera le meilleur projet.

La Métropole souhaite enfin, pour la saison 2019/2020, dédier un terrain de jeu à l’équipe Une du GF38, aujourd’hui en division 2, mais bien décidée à monter au niveau supérieur. De la même façon, elle espère aussi trouver, d’ici la fin de l’année, un lieu pour construire le nouveau centre d’entraînement de l’équipe masculine du GF38 afin que le club puisse transformer le centre d’entrainement masculin de la Poterne en un centre de formation féminin.

"Assurer l'avenir du football féminin"

Du côté de l’héritage immatériel, et face au succès rencontré par la compétition, les 49 communes s’attendent à un surcroît important de demandes de licences dans leurs clubs féminin. « Grenoble a brillé, rayonné et montré ses belles facettes oubliées par les médias », se félicite Ophélie David, marraine de la Coupe du monde. « Mais par dessus tout, des graines ont été semées dans les têtes des jeunes filles pour assurer l’avenir du football féminin. Cela fait du bien de voir des femmes épanouies, fortes, fières, engagées ! Cela fait du bien qu’on les regarde, qu’on les respecte et cela va aider certaines femmes à relever la tête et à vivre mieux. Ce genre d’événement est salutaire pour l’avenir ».