Expo Shepard Fairey (Obey) : plus qu'une vingtaine de jours pour en profiter !

Publiée le 1 octobre 2019

En juin dernier, à la Plateforme, s’est tenue l’inauguration de la plus grande exposition jamais consacrée à l’un des street-artistes les plus influents de la discipline : Shepard Fairey, alias Obey. Nous l'avions rencontré à cette occasion. Interview.

En juin dernier, à la Plateforme, s’est tenue l’inauguration de la plus grande exposition jamais consacrée à l’un des street-artistes les plus influents de la discipline : Shepard Fairey, alias Obey. Nous l'avions rencontré à cette occasion. Interview.
Shepard Fairey, alias Obey, lors de l'inauguration de l'exposition consacrée à son travail à la Plateforme, 9 place de Verdun

Vous êtes arrivé à Grenoble le 11 juin dernier, comment trouvez-vous la ville ?

C’est vraiment beau ici vous savez, avec la neige en juin sur les Alpes, l’architecture… Tout ça est assez unique ! Ici, la beauté de la nature et la particularité de l’architecture inspirent l’art de rue. On ne retrouve pas une esthétique pareille partout ailleurs. Avec ce festival, le directeur du Street art fest Grenoble Alpes, Jérôme Catz, a amené l’art de rue dans la métropole. Il a fait du très bon travail pour le développement et l’appréciation de la discipline par la population. Et en ce qui me concerne, il m’a proposé un mur incroyable de 20 mètres pour faire une fresque que je viens de terminer aujourd’hui… Donc pour l’instant je passe un moment très agréable à Grenoble, mais je ressens le besoin de marcher et d’explorer davantage la ville, car je n’ai pas chômé depuis mon arrivée.

Avec cette exposition, vous commencez un tour qui va vous mener dans de nombreuses villes partout dans le monde. Elle retrace 30 ans de votre travail, quel recul avez-vous sur ces années ?

Cet événement rassemble tout simplement le plus grand nombre de mes sérigraphies jamais réunies dans une exposition. Et au-delà des œuvres que j’ai apportées, il y a aussi toute la collection personnelle du directeur du Street Art Fest Grenoble Alpes, Jérôme Catz, qui est considérable et qu’il a ajoutée. Aujourd’hui je me sens donc vraiment fier de regarder autour de moi toutes ces œuvres qui représentent beaucoup d'investissement et je suis heureux que les spectateurs puissent embrasser, non pas deux ou trois petits éléments de mon travail, mais bien le plus possible. S’ils ne se sentent pas épuisés en regardant autant d’images, c’est un bon moyen pour chacun de comprendre mon projet artistique.

Et donc, comment définiriez-vous votre travail, votre art ?

Je le définirais comme une combinaison entre art graphique et beaux-arts. Mon travail séduit visuellement et provoque intellectuellement, en abordant des problématiques sociétales et politiques. En deux mots, il s’agit de propagande positive. J’utilise les codes esthétiques de la propagande, et particulièrement ceux du mouvement russe constructiviste (début du XXe siècle, Ndlr) car c’est un art visuellement très puissant qui faisait d'ailleurs très peur aux américains à l'époque. Or aux USA, il y a aussi une autre propagande qui s'est toujours exercée et qui correspond à la publicité...Pourtant, les américains ne sont pas effrayés par la publicité ! Donc j’ai mis ce style dans la rue et les gens m’ont dit : “Mais qu’est-ce-que c’est que ça !?” Et je leur ai répondu : “Pourquoi interrogez-vous cet art alors que la publicité - qui est une autre forme de propagande - ne semble pas vous déranger ?” Utiliser les codes et la machinerie d’une esthétique pour la rendre subversive fait partie de ma stratégie artistique depuis longtemps : ce que vous voyez ne représente peut-être pas ce que cela dit...

Vous venez d’achever une œuvre de 20 mètres à Grenoble. Pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre ? Pourquoi ce visage ? Et pourquoi ce message : « Peace » ?

J’aime beaucoup cette image, mais pour être honnête, ce projet est une commande. Je devais présenter une fresque qui ne provoquerait pas la controverse. Or je savais que la notion de paix est une notion contre laquelle il est difficile d’argumenter. Je pense donc que c’est un bon message et j’espère que cette image va inviter les gens à se saisir du reste de mon travail. Par ailleurs, cette fresque symbolise la paix et l’harmonie avec la nature. Or Grenoble est une ville qui est un modèle sur le plan de l’écologie, donc je souhaitais que cette image serve et amplifie cette belle et grande idée du respect de la nature, qui est plus que jamais nécessaire. Par ailleurs, le logo de la Ville de Grenoble compte 3 roses, tout comme beaucoup de mes dessins !

L'oeuvre de Shepard Fairey, alias Obey est visible sur le mur de la résidence "Le Home", à côté de l'arrêt de tram Chavant.
Rendez-vous à la Plateforme, 9 place de Verdun à Grenoble