Cécile Locatelli : « Les Bleues ont les moyens d’aller au bout »

Publiée le 30 mai 2019

Cécile Locatelli a joué à Claix, avant d'évoluer au FC Grenoble puis au FC Lyon. Entre 1992 à 1998, elle a disputé 44 matchs avec l'équipe de France. Aujourd’hui, la Grenobloise entraîne l’équipe de France des moins de 16 ans.

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Née à Grenoble, Cécile Locatelli a remporté trois fois le championnat de France avec le FC Lyon.

Qu’attendez-vous de la Coupe du monde féminine de foot ?

Nous espérons tous que cet événement va rassembler beaucoup de monde, beaucoup de spectateurs et de téléspectateurs. Il y a déjà eu plus de 820 000 billets vendus avec dix matchs qui vont se jouer à guichets fermés, notamment tous ceux de l’équipe de France. Cela va être une belle réussite. Je suis sûr qu’à Grenoble, nous allons assister à de très beaux matchs dans ce Stade des Alpes qui, à mon avis, est idéal en termes de contenance pour accueillir du foot féminin (…). Étant donné la médiatisation de la Coupe du monde en général, cela devrait donner une énorme visibilité à notre sport. Quand je vois les premiers reportages à la télé ou dans la presse, j’ai quand même l’impression que cet événement est de plus en plus traité de la même façon que la Coupe du monde des garçons. J’attends enfin de cette Coupe du monde en France un beau parcours des Bleues parce que ce sera essentiel pour l’après Coupe du monde, pour faire venir des petites filles au foot. Un beau parcours de l’équipe de France pourra aussi aider à structurer les clubs.

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L'équipe de France lors de la rencontre contre le Cameroun au Stade des Alpes en octobre 2018.
Justement, les Bleues ont-elles une chance de remporter le trophée ? Parmi les favoris, on évoque plutôt les États-Unis, l’Allemagne ou encore l’Angleterre…

C’est vrai qu’on les donne favorites depuis longtemps mais à chaque fois, elle bute sur l’avant-dernière marche. Cependant, je dois tirer un coup de chapeau à Corinne Diacre, l’entraîneuse des Bleues, parce qu’elle a réussi à mettre sur pied un groupe cohérent, un groupe de grande qualité qui peut aller jusqu’au bout. On a la chance d’avoir un club comme l’Olympique Lyonnais qui est une véritable locomotive au niveau européen et même mondial. Il me semble que 16 joueuses de l’équipe de France viennent de Lyon et que sous leur impulsion, les filles ont vraiment les moyens d’aller au bout. Enfin, dernier élément, la compétition se déroule chez nous ! Jouer à domicile va forcément décupler nos forces pour aller chercher cette coupe.

Vous entraînez l’équipe de France des moins de 16 ans. Voyez-vous émerger une nouvelle génération de joueuses ?

La fédération de foot féminin se structure depuis une dizaine d’années. Et depuis tout ce temps, on voit arriver des jeunes filles qui ont un potentiel certain et qui permettent de constituer un groupe homogène et de qualité. D’ailleurs, on a vu les résultats avec les U19 qui ont été championnes d’Europe récemment (en 2016, ndlr). Ces jeunes filles nous permettent de structurer l’équipe de France et d’obtenir des résultats.

Combien compte-t-on de licenciées en France ?

Il y a huit ou dix ans, on avait entre 50 000 et 60 000 licenciées. Aujourd’hui, on est proche des 150 000 et l’objectif de la fédération est d’atteindre rapidement 200 000 licenciées. On a connu un véritable essor, surtout depuis le parcours des Bleues lors de la Coupe du monde de 2011 où elles avaient atteint les demi-finales.