Après Carmen, La Fabrique Opéra met en scène La Traviata

Publiée le 20 mars 2019

Après le succès de Carmen en 2018, la Fabrique Opéra propose cette année La Traviata de Giuseppe Verdi. Entretien avec son fondateur, le chef d’orchestre Patrick Souillot.

En 2018, la Fabrique Opéra avait séduit 10 000 spectateurs avec Carmen. La Traviata, création 2019, devrait susciter le même engouement.

Quelle était votre objectif quand vous avez créé la Fabrique Opéra ?

Le public de l'opéra a vieilli : la moyenne d’âge a pris plus de 15 ans en 30 ans. C’est un échec pour les musiques classiques, et l’opéra en particulier. Il est donc important de trouver d’autres ressorts pour amener les gens à la musique. La bonne nouvelle, c’est que 4% des Français déclarent aller à l’opéra, ce qui veut dire qu’il reste 96% à aller chercher. C’est porteur d’espoir, je trouve...

Pourquoi, selon vous, aussi peu de gens aiment l’opéra ?

Patrick SouillotParce qu’ils ne le connaissent pas et qu’ils ont, comme nous tous, des a priori sur les choses qu’ils ne connaissent pas. Pour beaucoup de gens, l’opéra c’est cher, réservé aux bourgeois, joué dans une langue que l’on ne connait pas et en plus, dans un endroit impressionnant. C’est pour cela que nous nous installons dans une salle populaire, une salle où les gens ont l’habitude d’aller et où ils ne sentent pas mal à l’aise : le Summum. C’est aussi pour cette raison que nous associons des jeunes à notre projet coopératif.

Quel est leur rôle ?

Environ 450 jeunes y participent chaque année d’une façon ou d’une autre. Pour créer les décors, la charpente, la menuiserie ou encore l’électricité, on va les chercher à l’Institut des métiers techniques. Pour les costumes, on fait appel au lycée Argouges. Pour les coiffures et le maquillage, c’est l’Ecole Academy. Enfin, pour la vente, l’accueil et le placement du public, on s’adresse au lycée Jean-Jaurès. Tout ce qu’on peut confier à des jeunes, on le confie.

Et vous, quel est votre rôle ?

Je fais tout le travail de préparation avec le chef d’orchestre et le chef de cœur. Tous les ans, nous créons un chœur d’amateurs, avec des habitants venant de toute l’agglomération. À l’inverse, les solistes sont tous professionnels car notre ambition est d’aller vers l’excellence. Pour convaincre les gens d’aller à l’opéra, il faut leur donner le meilleur car le pire que l’on puisse imaginer, c’est que l’on nous taxe d’opéra low-cost.

Cette année, vous présentez La Traviata. Pourquoi cette pièce ?

En fait, ce n’était pas mon premier choix. Après Carmen l’année dernière, je souhaitais proposer une comédie musicale, Les Parapluies de Cherbourg. Mais pour des raisons de droits d’auteur, nous avons dû renoncer au projet et en chercher un autre. Or, pour remplir quatre soirs le Summum, il faut une œuvre populaire. Même si les gens ne connaissent pas forcément La Traviata, ils connaissent au moins le nom. Et puis, c’est une œuvre intemporelle, une histoire d’amour impossible, une sorte de Roméo et Juliette à laquelle tout le monde peut s’identifier.

Treize ans après vos débuts, estimez-vous avoir réussi votre pari ?

Nos places sont vendues, en moyenne, 37 euros contre 75 euros en moyenne au niveau national. Et on attire, en moyenne, 6500 à 7000 personnes. L’année dernière, Carmen a attiré 10 005 spectateurs, très précisément. C’est un record, on n’a jamais fait autant. C’est pour cela que je m’en souviens. C’est bien la preuve que l’on peut rendre accessible l’opéra.

 

 

Du 29 mars au 2 avril au Summum

La Traviata est un opéra italien composé en 1853 qui raconte l’histoire de Violetta, courtisane à Paris dont le jeune bourgeois Alfredo Germont tombe amoureux. Une histoire d’amour impossible comme seul l’opéra sait en proposer.

  • Quatre représentations au Summum, du 29 mars au 2 avril
  • Tarifs : de 16 à 65 euros
  • Réservation : la Fabrique Opéra, billetteries en ligne et points de vente habituels
  • Plus d’infos sur lafabriqueopera-grenoble.com