Logement social : « Rendre les habitants acteurs de leur parcours d'hébergement »

Publiée le 26 avril 2017

Pour plus d’égalité, plus de transparence et plus de proximité, pour attirer de nouveaux profils, réduire les délais d’attente et limiter les refus… Bref, pour changer l’image du logement social, la Métropole et ses partenaires ont engagé un nouveau plan de bataille. Explications.

©Grenoble-Alpes Métropole/Vianney Thibaut Ci-dessus, un exemple de logement social : le clos du chemin Freyne à Corenc

Intitulé Plan partenarial de gestion de la demande de logement social et d'information des demandeurs (PPGD), ce nouveau dispositif entend bien faciliter l'accès au logement social et s'articule autour de deux axes : la mise en place d'un service d'accueil et d'information performant, étendu à l'ensemble des 49 communes de la Métropole, et la possibilité donnée dès juillet aux demandeurs, de se positionner via internet sur les logements sociaux de leur choix (location dite « active » ou « voulue »).

« Avec ce dispositif de location active, on tourne le dos à un système d'administrés pour passer à un système très réactif, en phase avec notre époque, explique Didier Monnot, vice-président de l'Association des bailleurs sociaux de l'Isère (Absise). L'enjeu majeur, c'est de donner de la visibilité à notre parc de logements et de raccourcir les délais d'instruction ». Et par-dessus tout, de limiter les refus, puisque actuellement, une offre sur trois se voit finalement refuser par les demandeurs...

Une meilleure information et une démarche simplifiée

Le nouveau service d'accueil et d'information métropolitain s'appuie sur différents lieux d'accueil ouverts à tous les demandeurs de logement social (voir aussi la carte ci-contre) :

  • 25 lieux d'accueil de proximité (24 mairies / CCAS et le Pôle habitat social de Grenoble géré par les bailleurs).
  • 25 communes qui s'engagent à renseigner de manière généraliste sur le logement social dans la métropole et sur les conditions d'accès.
  • Un lieu ouvert à tous les salariés des entreprises privées de 10 salariés et plus, dédié par Action logement.

Désormais, pour enregistrer une demande de logement social, un dossier unique suffit auprès d'un seul guichet. Ce dossier permet ensuite d'accéder à un logement dans l'ensemble des communes de la Métropole et chez l'ensemble des bailleurs sociaux. Que cela soit dans la commune de résidence du demandeur, celle où il travaille ou bien celle où il souhaite habiter.

Et sur le territoire métropolitain, 13% des demandes se font déjà en ligne via le site www.demande-logement-social.gouv.fr. Le suivi du dossier pourra donc également se faire en ligne à partir du 15 mai. Et le demandeur peut d'ores et déjà scanner lui-même des pièces nécessaires à l'attribution, et les déposer dans son espace perso.

La location « active » : késako ?

« Notre priorité, c'est de mettre l'habitant au cœur de notre programme local de l'habitat en lui permettant de choisir son logement social, explique Christine Garnier, vice-présidente de la Métropole en charge du logement. Avec ce nouveau dispositif, l'idée est bien de permettre aux Métropolitains de consulter les offres et de candidater ». Comme dans le privé ! « Mais les bailleurs continueront d'étudier l'ensemble des candidatures selon les critères d'attribution réglementaires (plafonds de ressources, conditions de nationalité et personnes prioritaires, Ndlr) », précise l'élue.

S'il est déjà possible de consulter les annonces et postuler en ligne sur les sites internet de chacun des bailleurs de l'Isère, c'est bien l'ensemble des logements proposés en location active par ces derniers qui seront réunis, à la mi-juin, sur une plateforme unique et nationale, développée par l'Union sociale pour l'habitat.

Pour Julie Slama, directrice de la Confédération syndicale des familles (CSF38), ce dispositif est donc « très positif, car cela va permettre de simplifier et de multiplier les démarches, tout en obtenant plus d'équité. Ce que nous souhaitons c'est que le logement social ne soit pas synonyme d'une assignation dans un quartier, mais au contraire, que les habitants puissent bouger et être acteurs de leur parcours d'hébergement ».

Sur la Métropole, le dispositif concernera environ 530 logements pour 2017, et environ 800 en année pleine. Un bilan de cette expérimentation au niveau métropolitain sera tiré après la première année de fonctionnement.

À SAVOIR : deux expérimentations de location active ont été menées entre 2014 et 2016 à Grenoble et Echirolles. Elles ont démontré que la location active est en phase avec les besoins et modes de fonctionnement des ménages.

© Grenoble-Alpes Métropole / Lucas Frangella Didier Monnot, vice-président d'Absise, Christine Garnier, en charge du logement, Christophe Ferrari, président de la Métropole et Julie Slama (CSF38).