Dans la « salle blanche » de STMicroelectronics

Publiée le 28 février 2019

Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole, a visité cette semaine les locaux de STMicroelectronics à Crolles, un des fleurons de la Silicon Valley grenobloise.

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C'est dans la salle blanche que sont fabriqués les plaquettes de silicium.

Pour y accéder, il faut d’abord enfiler des « chaussons » en papier, essuyer ses pieds sur un tapis qui accroche la poussière, mettre des gants et une charlotte sur la tête, et enfin s’habiller d’une combinaison intégrale. Ce n’est qu’à ce moment-là que vous pouvez entrer dans le saint des saints : la « salle blanche ». En fait, une usine mais d’un genre particulier. Ici, la température de l’air et le taux d’humidité sont contrôlés en permanence. Et le sol est immaculé. Le moindre grain de poussière est traqué. « C’est même plus propre qu’une salle de chirurgie », explique-t-on.

On distingue à ses pieds un réseau dense et inextricable de tuyaux transportant des liquides et des gaz. À droite et à gauche, partout où l’on regarde, des ordinateurs et des machines, dont certaines coûtent des millions d’euros. Mais c’est du plafond que vient la surprise : des petits casiers en plastique circulent sur des rails à toute allure. Ils s’arrêtent, descendent et déposent leur contenu dans d’autres boites, encore plus mystérieuses. Leur ballet est incessant. L’ambiance est futuriste. C’est le cœur de l’entreprise STMicroelectronics à Crolles.

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Thierry Fensch, directeur de l'innovation à STMicroelectronics, Éric Gérondeau, directeur du site de Crolles, Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole, et Claus Habfast, vice-président de la Métropole délégué à l'innovation.
C’est dans cette « salle blanche » que sont construites les plaquettes de silicium qui deviendront, une fois découpées, des milliers de puces électroniques. Il faut entre 600 et 700 étapes de fabrication pour fabriquer ces fines galettes (appelées également wafer) qui accueilleront des circuits intégrés, des transistors et des semi-conducteurs. Tout est automatisé, cadencé sur un rythme très précis. L’homme n’intervient que pour contrôler, entretenir ou réparer les machines. Fonctionnant 24h sur 24, 365 jours par an, l’usine construit chaque jour l’équivalent de neuf millions de puces.

6000 salariés, 45 nationalités

Après avoir visité le site de la Presqu’île à Grenoble en 2018, le président de Grenoble-Alpes Métropole, Christophe Ferrari s'est rendu cette semaine sur le site de Crolles qui fournit plus de 100 000 clients dans le monde, dont la plupart des géants mondiaux de l’informatique, de la téléphonie et de l’électronique : Apple, Bosch, Cisco, HP, Samsung ou encore Huawei. Après avoir traversé des difficultés en 2016, le groupe a renoué avec la croissance : +16% en 2018. Cette année, l'entreprise prévoit une augmentation de son chiffre d’affaires entre 4 et 6%. Confiante dans l’avenir des nouvelles technologies (5G, objets connectés, voitures autonomes…), elle a décidé d’agrandir de 1500 m2 sa salle blanche pour répondre à la demande.

À Crolles, le site emploie plus de 4000 personnes de 45 nationalités différentes. Avec celui de la Presqu’île de Grenoble, c’est plus de 6000 personnes qui travaillent en Isère pour « ST », ce qui en fait le premier employeur privé de la région. Et un acteur majeur de l’écosystème grenoblois. Le groupe franco-italien entretient en effet des relations étroites avec des laboratoires de recherche de la région comme INP Grenoble, le CEA, l’INRIA ou le CNRS. Elle collabore aussi avec la French Tech, le campus Minatec, le pôle de compétitivité Tenerrdis, ainsi que d’autres entreprises de pointe comme Schneider Electric, Soitec ou encore HP. Enfin, elle héberge dans ses locaux des start-up comme Lancey Energy Storage ou Xtrasound.