La start-up Diabeloop va soulager les diabétiques

Publiée le 15 janvier 2019

Présente au CES 2019 de Las Vegas, la start-up grenobloise a inventé un dispositif qui automatise le traitement du diabète de type 1.

Diabeloop Le dispositif est composé de trois appareils : un capteur de glucose, une pompe à insuline patch et un terminal hébergeant l’algorithme développé par Diabeloop.

C’est un énorme espoir pour les patients souffrant d’un diabète de type 1. Celui de vivre une vie quasiment “normale”. En France, on compte plus de 300 000 personnes atteintes du diabète de type 1 qui est la forme la moins fréquente mais peut-être la plus contraignante. Ces personnes ne produisent plus d'insuline, une hormone essentielle pour transformer le sucre en énergie. En cause : une maladie auto-immune qui détruit, dès l’enfance, les cellules du pancréas produisant cette insuline, et contraint les patients à recourir à quatre ou cinq injections quotidiennes pour survivre.

Après plusieurs années de recherche, l’entreprise grenobloise Diabeloop a mis au point une innovation qui devrait lever ces contraintes : un pancréas artificiel. Baptisé DBLG1, le dispositif est composé d’une pompe à insuline, grande comme une petite boîte d’allumette, placée au niveau de l’abdomen, d’un capteur de glucose en continu et d’un terminal de la taille d’un téléphone hébergeant un algorithme complexe.

Une métropole à la pointe de l'innovation

Voir l'image en grand DiabeloopToutes les cinq minutes, un résultat de glycémie est envoyé par le capteur au terminal via une connexion Bluetooth. L’algorithme analyse les données en temps réel et calcule la juste dose d’insuline à administrer. Mieux, il est capable d’adapter la dose en fonction de l’activité du malade (avant ou après un repas, avant ou après une activité sportive...) ou de son poids par exemple.

C’est donc la fin des piqûres quotidiennes mais aussi la fin du casse-tête sur le dosage : trop d’insuline et c’est l’hypoglycémie, pas assez d’insuline et c’est l’hyperglycémie, toutes deux pouvant s’avérer dangereuses. « Le patient n’a presque plus rien à faire, résume Marc Julien, codirigeant de Diabeloop. Il peut mener la vie qu’il a envie de mener ».

« Une rupture technologique majeure »

Le DBLG1 a été développé avec le CEA-Leti, l’Institut de recherche technologique du CEA, le CERITD (Centre d’études et de recherches pour l’intensification du traitement du diabète) et une douzaine d’hôpitaux français qui ont permis la réalisation de plusieurs essais cliniques, auxquels plus de 150 patients ont participé. Parmi eux, le service d’endocrinologie-diabétologie du CHU Grenoble Alpes, dirigé par le professeur Pierre-Yves Benhamou : « Les résultats des tests sont excellents (…). C’est une rupture technologique majeure ».

Des filières d'excellence

Thierry G. fait partie des malades qui ont testé le dispositif au CHU Grenoble Alpes pendant trois mois. Cet habitant du sud de l’agglomération grenobloise a « plus de 40 ans de diabète derrière (lui) » : « Il a fallu quelques jours pour trouver les bons dosages mais une fois que c’était fait, je n’avais plus l’impression d’être diabétique. Il n’y a pas de montée, ni de descente de glycémie. On est toujours dans la courbe idéale (…). C’est tranquille et beaucoup plus précis dans les résultats ».

Le système a obtenu en novembre 2018 le marquage CE, une étape clé dans la future commercialisation du dispositif, qui pourrait connaître une commercialisation progressive courant 2019. Autre question en suspens : le niveau de prise en charge par la Sécurité Sociale. Jusqu’à présent, tous les dispositifs de traitement du diabète de type 1 sont remboursés à 100%.

 

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