La collecte des déchets alimentaires arrive en 2019

Publiée le 16 novembre 2018

Après un an d’expérimentation réussie, la Métropole va généraliser la collecte des déchets alimentaires. Premiers secteurs concernés : Échirolles et Grenoble (Secteur 4) dès mars 2019.

©Lucas Frangella / Grenoble-Alpes Métropole

Épluchures, restes de repas, marcs de café, pains rassis, produits périmés, les déchets alimentaires représentent 30% du poids de nos ordures ménagères. Dans l’agglomération, cela équivaut à 18 000 tonnes par an, soit environ 60 kilos par habitant.


Une véritable ressource à exploiter

Les trier permettrait de produire un compost de qualité, mais aussi une énergie renouvelable (le biogaz). Le calcul a été fait : cette matière inexploitée aujourd’hui pourrait recouvrir les besoins en énergie de 700 logements de 100 m2 ou alimenter en carburant des bus et des bennes à ordures ménagères. Une manne qu’il s’agit aujourd’hui de récupérer pour la valoriser.

Christophe Ferrari, Président de Grenoble-Alpes Métropole, rappelle ainsi que la Métropole doit « faire maigrir très largement la poubelle grise, et valoriser les déchets pour créer un compost de qualité sur le territoire métropolitain».

La Métropole a inscrit cette mesure dans sa feuille de route en matière de déchets. Elle figure comme une des mesures phares de ce schéma directeur, qui en compte de nombreuses autres (en savoir plus sur la feuille de route de la Métropole).

Rappelons par ailleurs que la loi de transition énergétique de 2015 impose une obligation de séparation à la source des « bio-déchets » (qui recouvrent les déchets alimentaires et les déchets végétaux) d’ici 2025, avec un objectif de valorisation matière et organique des déchets de 65%.

©Lucas Frangella/Grenoble-Alpes Métropole

Photo : Jeudi 15 novembre, le président de la Métropole Christophe Ferrari, accompagné par son vice-président délégué à la collecte des déchets Georges Oudjaoudi (à sa droite) présentait les résultats de l'expérimentation à la presse et annonçait le lancement de la généralisation sur le territoire.

 

A partir de mars 2019 dans la métropole grenobloise

Après le succès de l’expérience menée pendant un an dans les quartiers de la Capuche à Grenoble et de la Commanderie à Échirolles, c’est donc en 2019 que la Métropole va débuter la généralisation de cette collecte, dans les secteurs les plus urbains, à compter de mars 2019. La première étape de ce déploiement concernera 150 000 habitants, en 3 vagues (voir plus bas).

Concrètement, comment ça se passe ?

• Chaque foyer concerné recevra gratuitement un “bioseau”, des sacs compostables et une nouvelle poubelle de couleur marron.
• Le bioseau sert à stocker chaque jour, dans sa cuisine, les épluchures, restes de repas, pain rassis etc.
• Le bioseau doit ensuite être vidé, environ tous les trois jours, dans la nouvelle poubelle marron.
• La Métropole passe ensuite, une fois par semaine, pour ramasser le contenu de la poubelle marron dans un camion poubelle dédié.
• Le résultat de la collecte est amené au centre de compostage de Murianette pour y être transformé en compost, qui servira aux agriculteurs locaux.
• La Métropole va également construire «un « centre de méthanisation », qui servira à produire du biogaz à partir de ces déchets. Ce gaz naturel allant lui-même par la suite servir de carburant aux camions poubelle de la Métropole.

Dans quels communes cette nouvelle collecte sera-t-elle déployée ?

Mars 2019
Échirolles / Grenoble Secteur 4 (Alliés - Alpin – Beauvert – Reyniès - Capuche - Grands Boulevards – Exposition - Bajatière)

Octobre 2019
Eybens / Gières / Poisat / Seyssins / Grenoble Secteur 1 (Berriat - St Bruno -Europole - Centre gare - Bastille - Eaux Claires Nord - Jean Macé)

Mars 2020
Claix / Domène / Murianette / Grenoble Secteur 2 (Championnet - Foch – Libération - Centre-Ville - Notre Dame - Mutualité - Ile Verte - St Laurent rive Droite)

A noter : Les professionnels pourront à terme bénéficier de la collecte des déchets alimentaires, en cohérence avec le planning de déploiement de la collecte des déchets alimentaires pour les ménages.

>>> Télécharger la carte du déploiement de la collecte des déchets alimentaires

 

Parallèlement, la Métropole encourage le compostage à domicile

Ce dispositif est complété par la valorisation du compostage à domicile. En effet, composter ses déchets alimentaires sur place reste la solution la plus écologique et économique, puisqu’elle n’entraîne aucun frais, ni pollution, liés au transport. La Métropole souhaite donc renforcer le compostage individuel, mais aussi le compostage en mode « collectif », dans les copropriétés, établissements scolaires, résidences pour personnes âgées, etc…

Depuis le 1er mai, des composteurs de jardin et des lombricomposteurs spécialement adaptés aux appartements, sont mis à disposition gratuitement des usagers (en savoir plus).

Une expérimentation réussie qui confirme la pertinence du projet

De novembre 2017 à novembre 2018, 3500 habitants de deux quartiers de l’agglomération (la Capuche à Grenoble et la Commanderie à Echirolles), ainsi que des restaurateurs, ont participé à une vaste opération-test, qui a confirmé les choix de la Métropole. Au final, ce sont ainsi 230 tonnes de déchets alimentaires qui ont été récoltées. Une expérience qui a mis en avant l’engagement des ménages et des professionnels et a permis d’apporter tous les réglages nécessaires à ce nouveau dispositif.

« Les choses sont lancées, même si des progrès restent encore à faire » se félicite Georges Oudjaoudi, vice-président de la Métropole en charge des déchets. « Nous nous félicitons de ces résultats encourageants, analyse de son côté le président de la Métropole. Au départ, nous étions dubitatifs sur nos capacités de réussite. Les expérimentations sont nécessaires, elles permettent de voir que dans la conscience des citoyens, les choses sont bien engagées. »

Du côté des ménages, 110 tonnes de déchets alimentaires ont été récoltées, soit une moyenne de 18 kilos par habitant et par an. Comparativement, la moyenne constatée à Paris est de 6 kilos par habitant et par an.

1% seulement des foyers sollicités ont refusé de prendre part à l’expérimentation, ce qui dénote une sensibilisation très forte des habitants en faveur de cette nouvelle pratique.

Autre point clé marquant le succès de l’opération : la qualité du tri effectuée. Les habitants n’ont quasiment fait aucune erreur, ce qui confirme l’extrême application des Métropolitains et leur motivation à s’approprier cette nouvelle pratique de tri.

Du côté des professionnels, 123 tonnes de déchets alimentaires ont été récoltés. 48 restaurants, épiceries et boulangeries de l’hypercentre de Grenoble se sont inscrits à l’opération pilote. Face au succès rencontré dès le début de l’opération, celle-ci a été élargie à 19 gros producteurs de déchets, assujettis à la Redevance Spéciale, comprenant 14 restaurants collectifs (lycées, maisons de retraite, établissements pour adultes handicapées…), 3 supermarchés et 2 restaurants.

Ces 230 tonnes de déchets ont été acheminés au centre de compostage de Murianette pour être transformés en compost, utilisé comme fertilisant naturel pour enrichir les surfaces agricoles de la vallée du Grésivaudan.

 

Photo : Le restaurant "La Cotelette" (Grenoble) a participé avec succès (et envie) à l'opération-test menée pendant un an auprès des restaurateurs.

©Lucas Frangella/Grenoble-Alpes Métropole