Grenoble a rendez-vous avec l’intelligence artificielle

Publiée le 14 novembre 2018

L’Université Grenoble Alpes a été sélectionnée pour accueillir un Institut d’intelligence artificielle.

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Pour beaucoup, il s’agit de la prochaine révolution industrielle. Le physicien Stephen Hawking la jugeait « cruciale pour l’avenir de notre civilisation et de notre espèce ». La révolution de l’intelligence artificielle est en marche depuis quelques années. Dans sa définition la plus large, l’IA vise à imiter le fonctionnement du cerveau humain, ou du moins sa logique lorsqu’il s’agit de prendre des décisions. Et désormais, cela n'a plus rien de virtuel.

Quand vous discutez sur Internet avec un « chatbot », que vous parlez à l'assistant virtuel de votre téléphone, que vous écoutez une sélection de playlists sur un site de streaming ou que vous utilisez une réponse automatique pour écrire un mail, vous entrez en contact, d'une façon ou d'une autre, avec les premiers démonstrateurs de l’intelligence artificielle. En attendant de prendre place dans une voiture autonome...

Santé et environnement

Après les multinationales du web, l’État français a décidé lui-aussi d'investir ce champ de recherche capital. Il lancé il y a quelques mois un appel à manifestation d’intérêt afin d’organiser la recherche et la formation autour de l’intelligence artificielle. Baptisé MIAI (Multidisciplinary Institute in Artificial Intelligence), le programme vise notamment à développer un réseau d’établissements scientifiques de classe mondiale et à soutenir l’innovation. Quatre villes ont été retenues : Nice, Paris, Toulouse et Grenoble.

Ainsi, l’université Grenoble Alpes accueillera un Institut d’Intelligence Artificielle qui proposera, selon un communiqué de l’UGA, des « enseignements attractifs pour les étudiants et les professionnels de tous les niveaux », un soutien « à l’innovation dans les grandes entreprises, les PME et les startups » et enfin, la diffusion des connaissances « sur tous les aspects de l’IA » auprès des citoyens. Le programme MIAI@Grenoble Alpes s’articulera autour de deux domaines d’application : la santé et l’environnement/énergie.

Daniel Frank Unsplash« L’intelligence artificielle peut être utilisée pour lutter contre le réchauffement climatique et proposer des solutions en matière de réduction de la pollution atmosphérique et d’autres innovations respectueuses du climat, précise dans un communiqué Éric Gaussier, coordinateur du projet grenoblois. Nous proposons, par exemple, d’intégrer de nouvelles méthodes d’exploration de données et d’apprentissage automatique pour prévoir l’évolution du climat à partir d’observations spatiales ou pour prévoir les glissements de terrain et les tremblements de terre ».

« La réussite d’un écosystème »

Les quatre sites préselectionnés doivent maintenant déposer un projet détaillé avant le 15 janvier 2019 afin d’obtenir leur labellisation « 3IA » et leur dotation définitive. Le programme est doté d’une enveloppe globale de 100 millions d’euros sur quatre ans. Mais d’ores et déjà, cette présélection vient reconnaître « l’expertise » de la communauté scientifique grenobloise dans ce domaine.

« C’est la réussite d’un écosystème capable de se mobiliser et la reconnaissance des nombreux atouts dont bénéficie Grenoble aujourd’hui, reprend Éric Gaussier. Les moyens alloués permettront de financier des bourses de doctorat et de post-doctorat, des échanges internationaux, mais également des projets de recherche portés par les industriels avec des applications concrètes ».

La capitale des Alpes est devenue en effet un des centres névralgiques de l’intelligence artificielle en France avec plus de 1500 chercheurs, doctorants et post-doctorants impliqués dans ce domaine. Le classement de Shanghai classe même l’UGA au 31e rang mondial en science et ingénierie en informatique. Le secteur privé n'est pas en reste puisqu'une centaine d’entreprises et une cinquantaine de start-ups du territoire métropolitain travaillent sur le futur Deep Blue.