La centrale Biomax, un concentré d’innovations

Publiée le 7 novembre 2018

Les travaux de terrassement de la future centrale au bois Biomax ont démarré en juillet sur la Presqu’île de Grenoble.

Futur.A Biomax permettra notamment d'atteindre les objectifs du Plan Air Energie Climat adopté en 2015 par la Métropole : 20% des énergies renouvelables produites localement en 2020 et 30% en 2030.

Cette chaudière nouvelle génération fonctionnera à partir de mars 2020 et sera raccordée au réseau de chaleur métropolitain. Avec déjà trois chaudières principales (Athanor, La Poterne et Villeneuve) et 170 km de tuyaux, c’est le deuxième réseau de chaleur en France, après celui de Paris. Il alimente 46 000 logements ainsi que des bâtiments publics et privés (hôpitaux, musées, universités, entreprises…). Biomax permettra d'alimenter entre 15 000 et 20 000 logements en chauffage et 10 000 logements en électricité.

La future centrale fonctionnera au bois. Elle en consommera environ 85 000 tonnes par an qui proviendront d’Isère et de Savoie. Par ailleurs, le réseau de chauffage métropolitain brûle environ 65% d'énergies renouvelables (ou de récupération) dans ses chaudières : ordures ménagères, farines animales... Avec Biomax, ce taux passera à 70%.

« La Métropole agit à sa mesure pour limiter le dérèglement climatique en développant les énergies renouvelables, souligne Bertrand Spindler, vice-président de la Métropole délégué à l’énergie. Au lieu de brûler du fioul pour le chauffage urbain, Biomax brûlera du bois, de provenance locale».

Des fumées moins chaudes

Biomax n’est pas qu’une centrale au bois. C’est aussi un équipement innovant. Ainsi, elle repose sur le principe de la cogénération : elle produira de la chaleur mais aussi de l'électricité à partir d'un turbo-alternateur. Au total, elle produira 220 GWh d'énergie par an : 183 GWh de chaleur et 37 GWh d'électricité. Autre nouveauté : le stockage de chaleur.

La chaudière sera équipée de trois ballons de 145 m3 capable de stocker la chaleur sous haute pression. Cette chaleur mise en réserve pourra être distribuée lors des pointes hivernales de consommation, ce qui permettra d’éviter le recours aux énergies fossiles. En outre, la centrale sera équipée d’un dispositif permettant de récupérer la chaleur issue des fumées dégagées pour pré-sécher le bois. Résultat, une économie de 4300 tonnes de bois par an.

Dernière innovation : la filtration des fumées. Comme toutes les chaudières, Biomax produira des fumées qui seront évidemment filtrées et dépolluées pour répondre aux normes environnementales. Pour autant, le panache pourra paraître impressionnant. Pourquoi ? Les centrales habituelles rejettent des fumées à haute température (plus de 150 °C).

Biomax, elle, sera équipée d’un système de récupération de la chaleur permettant d’améliorer l’efficacité énergétique mais aussi de rejeter des fumées moins chaudes (environ 50°C). Or, à cette température, à cause de la condensation de la vapeur d’eau au contact de l’air, le panache est plus visible. Mais il n’est pas plus dangereux. Au final, un panache de fumée ne signifie pas davantage de pollution mais au contraire, une meilleure efficacité énergétique.