La Métropole et GRDF, ensemble vers la transition énergétique

Publiée le 6 novembre 2018

Dans le cadre de sa compétence en matière de distribution d’énergie, Grenoble-Alpes Métropole a signé une convention avec GRDF pour une durée de trois ans. L’objectif est de définir les orientations de ce partenariat, autour des 3 axes du Schéma directeur des énergies de la Métropole.

De gauche à droite, Georges Oudjaoudi, Vice-Président de la Métropole en charge des déchets, Bertrand Spindler Vice-Président de la Métropole en charge de l'énergie, Christophe Ferrari, Président de la Métropole et Didier Saussier, Directeur régional GRDF

D’ici 2030, le Schéma directeur des énergies de la Métropole a pour objectifs de réduire de 22% les consommations énergétiques du territoire, de 30% la consommation d’énergies fossiles et d’augmenter de 35% la production locale d’énergies renouvelables et de récupération.

Sur le territoire de la Métropole, GRDF est délégataire du service public de la distribution de gaz naturel sur 31 communes du territoire. Elle assure la construction, l’exploitation, la maintenance et l’entretien du réseau de distribution de gaz, exploitant ainsi 900 km de réseau et desservant 57 000 points de livraison.

Ces dernières années, la Métropole et GRDF ont déjà mis en œuvre plusieurs collaborations comme l’a rappelé le Président de Grenoble-Alpes Métropole, Christophe Ferrari, : « Cette convention illustre le travail mené depuis 14 ans en faveur de la transition énergétique, un dossier sur lequel la Métropole est très engagée, un vrai sujet de sensibilité territoriale (…). Si nous ne développons pas un partenariat, nous n’arriverons pas à nous déployer ».

C’est la première fois que GRDF signe un accord aussi complet avec une Métropole. Son directeur régional, Didier Saussier, a ainsi mis l’accent sur « la nécessité de travailler avec la Métropole, car nous ne pouvons pas faire seul, il faut fédérer nos compétences pour aller plus vite et pour que les actions prennent encore plus d’ampleur ».

Avec cette nouvelle convention, la Métropole et GRDF souhaitent ainsi confirmer et amplifier leur partenariat, cela autour de trois axes du Schéma directeur des énergies :

 

1 - Consolider le pôle public de l’énergie

Le Pôle public est une communauté́ de travail regroupant, autour de la Métropole, l’Agence locale de l’énergie et du climat (Alec), les sociétés d’économie mixte assurant une mission de service public dans l’énergie (CCIAG et GEG), ainsi que les opérateurs historiques, fournisseurs et gestionnaires de réseaux EDF, Enedis et GRDF. Ces acteurs ont apporté leur expertise et participé activement à la définition du Schéma directeur de l’énergie.

2 - Réduire les consommations énergétiques

- GRDF communique auprès de ses clients et prospects sur l’existence du dispositif Mur Mur 2, campagne d’isolation thermique mis en place par la Métropole et propose des accompagnements en faveur de solutions au gaz naturel et une contribution financière aux études thermiques réalisées. Rappelons que la consommation énergétique des logements représente 19% des consommations énergétiques du territoire, avec 2 000 copropriétés énergivores construites entre 1945 et 1975.

- GRDF et la Métropole souhaitent renforcer leurs actions en faveur de l’efficacité énergétique dans le secteur tertiaire privé, un secteur pour lequel la Métropole fixe un objectif de 15% de rénovation thermique d’ici 2030. Une première expérimentation a été initiée par la Métropole cette année dans la zone d’activités économique de Domène. Elle a été l’occasion de préconiser des actions représentant une réduction moyenne des consommations énergétiques de 10% pour 14 entreprises. GRDF s’est associé au projet en fournissant à la Métropole des données de consommation et en mettant à disposition son expertise sur des solutions gaz performantes. Un dispositif de soutien plus large aux entreprises est en cours de réflexion par la Métropole en lien avec GRDF.

- GRDF et la Métropole s’engagent à accompagner les changements de comportement, grâce à la plateforme web MétroEnergies, en cours d’expérimentation et ayant vocation à être déployée plus largement sur la Métropole. Elle permet à ses utilisateurs d’évaluer leur degré de sobriété énergétique et fournira des conseils et des solutions pour améliorer ses performances.

- Enfin, une expérimentation concernant l’impact des compteurs communicants de GRDF sur les consommations d’énergie a été réalisée cette année, en lien avec l’ALEC.

3 - Favoriser les énergies renouvelables et améliorer la qualité de l’air

- Promouvoir des systèmes énergétiques plus performants. La Métropole encourage la conversion des systèmes de chauffage au fioul et au propane vers des systèmes plus “propres“, notamment la solution gaz en complément d’un chauffage solaire thermique.

- Produire plus de gaz vert grâce à la méthanisation. Depuis 2016, la station métropolitaine d’épuration Aquapole est dotée d’une unité de production de biométhane, provenant des boues issues du traitement de l’eau, permettant de générer 20 millions de kWh, soit l’équivalent de la consommation d’énergie de 2 500 foyers. C’est la première station d’épuration en termes d’injection de biométhane sur le réseau géré par GRDF en 2018. D’ici 2025, la Métropole a programmé la création d’une seconde unité, cette fois à partir des déchets alimentaires, leur collecte ayant vocation à être généralisée sur la quasi-totalité du territoire. Le projet est accompagné par GRDF. GRDF et la Métropole s’engagent aussi à favoriser l’émergence de projets territoriaux de méthanisation en lien avec les territoires voisins de la Métropole.

- Développer le Gaz naturel véhicules (GNV), notamment dans un contexte où « le conseil métropolitain a décidé d’élargir la zone à faibles émissions à d’autres communes » comme l’a rappelé Christophe Ferrari. Rappelons que le GNV permet une réduction importante des émissions d’oxydes d’azote de l’ordre de 30 à 70% selon les parcours. S’agissant des émissions de CO2, l’avantage du GNV est de l’ordre de 10% par rapport au diesel. Quant au bioGNV, sa version renouvelable produite par méthanisation, il permet une réduction des émissions de CO2 de l’ordre de 75% par rapport au diesel. La Métropole et GRDF collaborent déjà pour favoriser le développement du GNV, avec des aides à l’achat de véhicules moins polluants pour les TPE et des PME, mais aussi pour développer des stations d’approvisionnement en GNV.

« Nous remplaçons chaque année 8 camions de collecte des déchets par des véhicules fonctionnant au gaz, l’objectif étant de renouveler tout notre parc, soit 80 camions. Toujours pour notre flotte interne, nous développons l’utilisation des véhicules électriques, y compris pour nos sous-traitants. Par exemple, les camions qui collectent le papier et effectuent 200 voyages entre les Vosges et Grenoble par an, sont passés au gaz. Même chose pour les prestataires des déchèteries, et dans quelques temps de la collecte des déchets alimentaires » explique Georges Oudjaoudi, Vice-président de la Métropole en charge de la prévention, de la collecte et de la valorisation des déchets.

Enfin, la Métropole et GRDF souhaitent aller encore plus loin, avec deux ambitions : lutter contre la précarité énergétique et favoriser le développement d’un tissu économique local porteur d’innovation, notamment en matière de méthanisation.