Une exposition pharaonique au Musée de Grenoble

Publiée le 30 octobre 2018

Le Musée de Grenoble présente sa nouvelle exposition consacrée à l'Égypte ancienne. À voir jusqu'au 27 janvier 2019.

Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Georges Poncet Cercueil extérieur de la princesse Irbastetoudjanéfou, fille de Takélot III.

Intitulée “Servir les dieux d’Égypte”, la nouvelle exposition du Musée de Grenoble est la plus importante par son ampleur jamais réalisée par l’équipement. Un événement organisé avec le Musée du Louvre qui propose un véritable voyage dans le temps, au cœur du plus grand temple de l’Égypte ancienne : celui de Karnak à Thèbes (l’actuelle Louxor) dédié au dieu Amon.

On y découvre la vie autour du temple il y a 3000 ans, à la Troisième période intermédiaire (1069-664 av. J-C). Le quotidien des prêtres et des femmes participant aux rituels, qu’on appelle les “divines adoratrices” et les chanteuses, véritables maîtresses des célébrations. C’est d’ailleurs à elles que l’exposition consacre sa plus grande partie.

Voir l'image en grand Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais/Hervé Lewandowski Simulacres de vase canope au nom de Padiouf, prêtre ouab entrant à Karnak et menuisier du roi dans le domaine d’AmonPour ce projet, Le Louvre a prêté 200 pièces, « dont 60% des œuvres font partie de sa collection permanente et 40% de ses réserves. Ces pièces ont été restaurées pour l’occasion et seront exposées pour la première fois », précise le directeur du Musée de Grenoble, Guy Tosatto. Les autres antiquités sont issues de la collection grenobloise (lire l’encadré) et de prêts d’autres institutions prestigieuses comme la Bibliothèque Nationale de France ou le British Museum de Londres.

Des œuvres exposées pour la première fois

Au total, l’exposition réunit plus de 270 objets : cercueils de la nécropole de Thèbes, mobilier funéraire, statues, papyrus, bas-reliefs… sur une surface de 1500 m2. « Des antiquités remarquables et rarissimes ». Exemple avec un cercueil étonnamment conservé aux couleurs et dorures lumineuses, ou encore avec cette fascinante statue de la déesse Sekhmet haute de 2 mètres.

On trouve aussi beaucoup d’objets de culte comme un “sistre”, sorte d’instrument de musique semblable à des crécelles que les adoratrices utilisaient pour apaiser les dieux. Enfin, grâce à la reconstitution d’une chapelle dédiée à Osiris, « le visiteur sera un instant sur le site de Karnak et partagera les rituels divins », assure Guy Tosatto. « L’Égypte a toujours fasciné, par la longévité de sa civilisation, la monumentalité de ses œuvres, le mystère entourant le culte des morts, et la beauté des formes ».

Un pouvoir d’évocation que le Musée entend bien transmettre pour peut-être ressusciter l’“égyptomania” chez les habitants… 200 ans après les travaux de Champollion, considéré comme le père de l'égyptologie. Une exposition à voir jusqu'au 27 janvier 2019.

 

 


 

Champollion et l’origine de la collection grenobloise

Voir l'image en grand Jean-Francois Champollion-Portrait par Léon Cogniet (1831)C’est à Grenoble que Jean-François Champollion, qui déchiffra les hiéroglyphes en 1822, a été initié à l'égyptologie par son frère aîné, alors bibliothécaire de la ville. En 1810-1812, Jean-François élabore le premier catalogue qui recense les antiquités égyptiennes dont elle dispose.

Le fonds sera ensuite enrichi par le don de la collection d’un conte passionné d’Égypte ancienne, Louis de Saint-Ferriol. L’exposition du Musée de Grenoble dévoile ses pièces remarquables comme jamais auparavant.

En 2022, pour le bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes, le Musée proposera une nouvelle présentation de ces antiquités, en collection permanente.