Urbanisme : Comment la Métropole veut protéger ses paysages

Publiée le 27 juin 2018

Sept Carnets de paysage ont été élaborés et près de 10 500 éléments de patrimoine bâti et végétal ont été recensés.

Lucas Frangella/Grenoble Alpes Métropole

Belledonne, Vercors, Chartreuse… Près de 30% du territoire métropolitain, soit 22 communes sur 49, se trouvent dans un Parc naturel régional. La Métropole a décidé de protéger ces écosystèmes qui participent au cadre de vie et contribuent à l’attractivité du territoire. Avec un levier d’action : le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Ce document, qui s'appliquera aux 49 communes, s’est fixé pour objectif « de placer les paysages au cœur du projet du territoire ».

La Métropole a d’abord choisi de protéger les terres agricoles. Depuis une trentaine d’années, celles-ci sont grignotées et utilisées pour produire des logements, notamment en lotissement. La situation est aujourd’hui paradoxale : près de 80% de la surface urbanisée est utilisée pour construire des zones pavillonnaires alors que celles-ci ne permettent de loger que 20% de la population métropolitaine.

Le PLUi de la Métropole met un coup d’arrêt à cette surconsommation d’espaces naturels et agricoles. Le document, qui sera adopté d’ici la fin de l’année, prévoit de reclasser en terres agricoles une centaine d’hectares auparavant destinés à la construction. Les secteurs Sud et Grand Sud de l’agglomération sont particulièrement concernés par ce reclassement, comme Brié-et-Angonnes.

Voir l'image en grand Lucas Frangella/Grenoble Alpes MétropoleSituée entre Grenoble et Vizille, cette petite bourgade d’environ 2500 habitants s’étend sur 970 hectares dont plus de 600 en terres agricoles. Nicole Boulebsol, première adjointe au maire, a annoncé que la commune allait restituer entre 10 et 20 hectares à l’agriculture. « Il faut saluer le courage des maires qui ont accepté de restituer des terres agricoles, souligne Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole. Cela vient contredire cette idée reçue selon laquelle on aurait ici la folie de la bétonisation. La Métropole, au contraire, protège ses aires naturelles ».

Un an de travail

Pour préserver ses espaces et son patrimoine, la Métropole a également rédigé des Carnets de paysage. Ce sont des fascicules de plusieurs centaines de pages recensant les « ambiances paysagères » dans chaque territoire : centre ancien, faubourg, fond de vallée, plaine agricole, montagne pastorale… Sept Carnets de paysage ont été constitués pour décrire les balcons de Chartreuse, la vallée de l’Isère aval, la vallée de l’Isère amont, la vallée de la Romanche, la vallée du Drac, la confluence grenobloise et le plateau de Champagnier.

Fruit d’un an de travail avec les 49 communes de la Métropole, ces Carnets proposent un niveau de détails dans les paysages décrits unique en France. Ceux qui veulent construire une maison, par exemple, y trouveront des « orientations » afin de respecter le contexte géographique, paysager et écologique.

La rédaction du PLUi a été l’occasion également de recenser le patrimoine bâti et naturel. Près de 10 500 éléments ont ainsi été identifiés sur tout le territoire métropolitain puis classés en trois catégories : intéressant, remarquable et exceptionnel. 6330 appartiennent au patrimoine intéressant : les mairies de Vaulnaveys-le-Haut et de Gières, l’ancien four de Furonnière à Claix, le bâtiment de l’hôtel Mercure à Grenoble… 2400 ont été classés patrimoine remarquable : la polyclinique Aristide Bergès à Grenoble, la ferme Terrier à Miribel-Lanchâtre, la grange Bonnetiere à Sarcenas, le château de La Balme à Claix, etc. Enfin, 1420 ont été classés patrimoine exceptionnel : le chêne de Venon, l’ancien hôtel Lesdiguières, le couvent des Minimes ou encore l’école des Beaux-Arts à Grenoble. Cet inventaire et cette classification seront intégrés au PLUi et doivent permettre de mieux protéger ce patrimoine.