Transition énergétique : L’avenir de l’hydraulique

Publiée le 13 juin 2018

Les professionnels du secteur se sont retrouvés lors des 3e Rencontres Business Hydro organisées à Grenoble pour faire des affaires mais aussi parler de l’avenir de la filière, pivot de la transition énergétique.

Grenoble Alpes Métropole

Créées en 2016 sous l’impulsion de Grenoble Alpes Métropole en partenariat notamment avec le programme EDF « Une rivière un territoire », les 3e Rencontres Business Hydro se sont déroulées le 12 juin au World Trade Center, réunissant une quarantaine d’exposants et près de 500 visiteurs. Pendant cette journée, les différents acteurs de la filière ont pu nouer des contacts et faire des affaires mais aussi évoquer l’avenir de l’hydroélectricité dans le contexte de la transition énergétique.

« C’est d’ici, en particulier du massif de Belledonne, qu’est parti la grande aventure de l’hydroélectricité », rappelle Pierre Béguery, vice-président de la communauté de communes du Grésivaudan. L’histoire est connue : en 1867, Aristide Bergès découvre le potentiel hydraulique de la région grâce à un papetier, Amable Matussière. En mettant au point un système alliant les atouts des conduites forcées aux capacités de la dynamo, Aristide Bergès vient de créer l’hydroélectricité.

Plus de deux siècles après, la « houille blanche » est devenue la deuxième source d’électricité en France et la première source d’énergie renouvelable. C’est aussi une filière économique qui emploie plus de 20 000 personnes dans le pays, dont 5000 dans le « sillon alpin ». Centré essentiellement sur la région grenobloise, l’écosystème rassemble des leaders mondiaux, comme EDF, mais aussi des dizaines de PME locales et de start-ups innovantes, des laboratoires de recherche comme le Centre de recherche et d’essais de machines hydrauliques (CREMHyG) ou encore des écoles d’ingénieurs comme Ense3.

Des innovations

Voir l'image en grand Grenoble Alpes MétropoleCes acteurs se sont rassemblés au sein de l’association Hydro 21 qui organise chaque année les Rencontres Business Hydro afin de soutenir et promouvoir la filière, notamment à l’étranger. Les difficultés rencontrées par le groupe américain General Electric en 2017 ont provoqué une onde de choc dans la région. Quand ce géant du secteur a annoncé la suppression de plusieurs dizaines de postes à Grenoble, beaucoup se sont interrogés sur l’avenir de la filière.

Pourtant, l’hydroélectricité, qui représente entre 11 et 14% de la production d’électricité française, est amenée à jouer un rôle majeur dans la transition énergétique. « Elle en est le fer de lance », martèle Roland Vidil, président d’Hydro 21. Le secteur peut compter notamment sur ses capacités d’adaptation et d’innovation pour participer à la recomposition du mix énergétique (nucléaire, charbon, pétrole, éolien...) afin de produire de l’électricité.

« Nous sommes en train de basculer dans une filière étendue ou augmentée, précise Manuel Lenas, directeur du programme EDF « Une rivière un territoire ». Depuis une dizaine d’années, grâce aux nouvelles technologies, les interfaces se multiplient entre l’hydraulique et les autres énergies renouvelables, comme l’hydrogène ou le photovoltaïque flottant ». Conclusion de Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole : « C’est une filière pleine d’innovations (…), au cœur de toutes les hybridations, que nous devons impérativement soutenir ».