Du Plan Bernard des années 60 au PLUi de la Métropole

Publiée le 27 mars 2017

Benoît Parent dirige l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise qui fête, cette année, ses 50 ans. Née après le rejet du Plan Bernard, l’AURG travaille aujourd’hui sur le PLUi (plan local d’urbanisme intercommunal) de la Métropole.

©Grenoble-Alpes Métropole/Mickael Penverne Benoît Parent dirige l'Agence d'urbanisme de la région grenobloise depuis 2014.

L'AURG est née en 1967 à l'occasion du rejet du Plan Bernard. Quel était ce plan ?

En 1963, l'Etat missionne Henry Bernard, un architecte renommé (il a remporté le Grand prix de Rome) pour établir un Plan directeur de Grenoble. L'idée est de gérer l'extension de la ville qui fait face à un fort accroissement démographique et en même temps, à un aménagement anarchique. L'Etat souhaitait organiser tout cela. Henry Bernard a donc fait une série de propositions qui étaient très intéressantes, mais qui correspondaient à une vision très fonctionnaliste de l'urbanisme.

C'est-à-dire?

Son Plan donnait la part belle à la voiture. Il imaginait des autoroutes et des voies express qui traversaient Grenoble. La plupart n'ont pas vu le jour. Certaines ont été réalisées puis détruites, comme l'autopont sur le boulevard Joseph-Vallier, démoli en 2004, au moment de la construction de la ligne 3 du tramway. A l'inverse, d'autres aménagements ont été conservés comme la rocade sud et l'A480.

Qu'est devenu le Plan Bernard?

Il avait été validé par le maire de l'époque, Albert Michallon, juste avant les élections (municipales) de 1965. Mais quand Hubert Dubedout est arrivé au pouvoir, il l'a rejeté. Il souhaitait une ville plus humaine, avec une approche plus sociale. La municipalité grenobloise a donc créé en 1967 sa propre agence d'urbanisme à une échelle pluri-communale pour réaliser les études préalables aux aménagements. C'est comme cela qu'est née l'Agence d'urbanisme de l'agglomération grenobloise (AUAG) qui deviendra l'AURG en 1973.

Cinquante ans après sa création, à quoi sert l'Agence aujourd'hui ?

L'Agence est un espace de production de connaissances, d'études et de dialogue entre l'État et les collectivités locales. On élabore des analyses et des observations pour accompagner l'élaboration des politiques publiques.

Vous travaillez actuellement sur le PLUi de la Métropole. Quelle est la particularité de ce dossier ?

C'est un dossier énorme - colossal même, pour lequel l'Agence produit une grande partie des études techniques. Le PLUi est un document d'urbanisme qui met en forme les priorités de la Métropole : que peut-on construire ? Sur quels terrains ? Quels espaces réserve-t-on pour l'activité économique, le déplacement ou l'activité agricole ? Mais le PLUi, c'est aussi la traduction d'un projet politique : combien veut-on accueillir d'habitants ? Combien de logements veut-on construire ? Etc.

Cinquante ans les séparent mais peut-on établir un parallèle entre le Plan Bernard et le PLUi ?

Le Plan Bernard énumérait 13 verrous au développement de la ville. Parmi ceux-là, la taille des communes. Henri Bernard estimait qu'elles étaient trop petites et que le développement devait se faire au-delà de la taille communale. C'était le début d'une réflexion à l'échelle métropolitaine. C'était une avancée incroyable à l'époque, qui prend forme aujourd'hui.