Equipement : les extraordinaires coulisses de la MC2

Publiée le 20 avril 2018

Créée en 1968 par l’architecte André Wogenscky à la faveur des budgets consacrés aux Jeux olympiques de Grenoble, puis rénovée et agrandie en 2004 par Antoine Stinco, la Maison de la culture voulue par André Malraux, ministre des affaires culturelles de l’époque, est un fleuron de l’expression artistique française et l’une des plus grandes scènes nationales.

Inaugurée par André Malraux en 1968, la Maison de la culture est rebaptisée le Cargo en 1985 par le directeur de l’époque, Georges Lavaudant, puis MC2 après sa rénovation en 2004.

À l’occasion des 50 ans de cet outil passé sous pavillon métropolitain au 1er janvier 2017, partons à la découverte de ses 5 salles de spectacle et de ses 2 studios de répétition qui accueillent chaque année quelque 100 000 visiteurs.

« Il suffit de claquer des doigts pour faire “briller la salle” »

Pièce maîtresse de la MC2, l’auditorium en forme d’ovale impressionne d’abord par son éminence, la profondeur de son parterre et la générosité de ses deux galeries latérales ; le tout, baigné d’une lumière homogène confortable. Créé en 2004 à l’emplacement de l’ancien théâtre pivotant (oui, oui, il pivotait ! ), il accueille 1000 places assises dans un environnement chaleureux où le bois règne en maître.

Dédié à la musique classique acoustique, il convient aussi bien aux orchestres symphoniques qu’aux récitals de piano ou aux solos de violon d’un Renaud Capuçon. Et il suffit de claquer des doigts pour faire “briller la salle”, et se rendre compte de l’attention portée à la qualité sonore du lieu : « On a un taux de réverbération d’une seconde et 8 dixièmes », précise Jean-Luc Thorant, directeur technique de la MC2. Traduction : « En termes de qualité acoustique, on est au niveau de la salle Pleyel de Paris ou des auditorium de Dijon et de Bordeaux, ce qui nous place parmi les 5 plus belles salles françaises ».

Les murs équipés de pièges à son, le traitement acoustique des fauteuils et la conception des volumes de l’auditorium « permettent aux spectateurs de bénéficier de la même qualité acoustique, quel que soit leur placement ». Chose impressionnante enfin, l’ensemble des parois de l’auditorium est plaqué de fines lamelles d’Okoumé - un bois particulièrement apprécié des musiciens pour sa densité - à partir d’un seul et même arbre que l’architecte est allé lui-même sélectionner au Gabon. Si bien que d’un pan de plaquage à l’autre, les tracés des veines et des nœuds de cet arbre gigantesque se rejoignent !

Un des plus grands plateaux scéniques de France

Plus complexe et plus sombre – comme c’est la règle dans les théâtres -, le grand théâtre de la MC2 est pourvu d’un balcon, d’une avant-scène escamotable et d’une fosse d’orchestre. Il est l’un des plus grands plateaux scéniques de France et est équipé d’un plafond et de parois latérales acoustiques qui exaltent la production sonore.

Doté de 1030 places, son plancher est entièrement démontable avec un dessous de scène de 3 mètres de haut offrant des opportunités avantageuses de mise en scène (apparition du dessous). Mais la vraie performance est à trouver dans l’immense cintre informatisé de 19 mètres de haut, qui permet en coulisse, au moyen d’un mini joystick par comparaison ridicule, de faire descendre ou disparaître, au ralenti comme à vitesse grand V, tous les éléments scéniques imaginables (décors, châssis, rideaux, projecteurs ou artistes). Le petit théâtre de 240 places offre quant à lui peu ou prou les mêmes avantages.

Des décors et des costumes

En plus de deux studios de répétition, l’extension créée en 2004 abrite la salle René Rizzardo dont l’originalité vient de sa tribune modulable : 500 places pouvant être installées sur un, deux, trois ou même les 4 côtés de la salle, voire totalement escamotées pour des concerts !

Mais la MC2 ne serait pas ce qu’elle est sans ses ateliers de fabrication de costumes et de décors. Mousseline, paillettes et taffetas, lamé, tulle et dentelles ornent les étagères de l’atelier de costumes qui est à l’origine de plusieurs milliers de créations depuis 1968. De son côté, l’atelier de fabrication de décors produit en moyenne 6 décors par an aux tailles très variables, dont l’objectif est de « servir l’imagination des artistes en rendant possible le projet scénographique en fonction des contraintes des salles de la MC2 », explique le chef d’atelier Denis Janon.

« Théâtre, musique, danse ou cirque, ce qui marque la singularité de la MC2, c’est que l’on dispose ici de l’ensemble des outils pour créer et accueillir des spectacles dans de bonnes conditions, et ce, quelle que soit la discipline, conclut le directeur Jean-Paul Angot ».

La MC2 en chiffres :

22 000 m2 de surface

100 000 spectateurs par an

250 levés de rideau de septembre à juin

80 spectacles de théâtre, de danse, de musique ou de cirque par saison

5 salles de spectacle

2 studios de répétition