Alimentation : Les cantines s’engagent contre le gaspillage

Publiée le 17 avril 2018

Plus de 50 restaurants scolaires de la Métropole sont mobilisés contre le gaspillage alimentaire. Explications.

Lucas Frangella / Grenoble Alpes Métropole

Le gaspillage alimentaire représente chaque année dix milliards d’euros en France. Pour lutter contre cette gabegie, le ministère de l’Environnement et l’ADEME* ont lancé l’opération « 1000 restaurants scolaires contre le gaspillage alimentaire ». La Métropole grenobloise a choisi d’y participer, avec l’appui de 57 établissements volontaires.

Les Messagers du tri de la Métropole ont commencé par établir un diagnostic dans chaque établissement : ce qui est jeté, en quelle quantité, pourquoi, etc. Avec le constat suivant : plus de la moitié de ce qui est jeté provient des plats, et non des assiettes ; le pain est jeté en très grande quantité ; et enfin, les quantités servies (le grammage) et le nombre de composants (cinq) des menus sont souvent trop importants.

Une diminution de 20%

À partir de ce diagnostic, chaque cantine a établi un plan d’actions détaillé. Dans le groupe scolaire du Coteau, à La Tronche, l’opération démarrée en janvier 2017 a ainsi permis de réduire jusqu’à 50% la quantité gaspillée, passant de 150 g jetés par jour à 94 g (la moyenne nationale se situe à 119 g). « Les enfants mangent plutôt bien, ils ne gaspillent pas trop, explique Rose-Marie Martins, agent de cantine.Ils adorent les épinards, les brocolis et les carottes. Par contre, ils n’aiment pas les poireaux, les pamplemousses, les paupiettes de saumon ou les courgettes ! Ça, ils n’en veulent pas. Pendant l’opération, nous avons noté ce qu’ils mangeaient ou pas. Cela nous a permis de supprimer des plats. C’est comme cela qu’on a banni le poireau à la vinaigrette. Nous avons aussi testé un repas avec 4 composants (au lieu de 5). Quand on leur enlève l’entrée, ils ne s’en rendent même pas compte. Par contre, s’ils n’ont pas de dessert, ils le font remarquer tout de suite ! ».

Il reste cependant du chemin à parcourir. « Notre prestataire produit 5000 repas par jour, dont seulement 350 pour nous, explique Anne Laure Brion, responsable du service éducation de la commune de La Tronche. Ce n’est pas de la mauvaise volonté de sa part, mais pour l’instant, il n’arrive pas à s’adapter à nos petits volumes ». Après un an de suivi, un premier bilan de l’opération a pu être dressé sur 27 établissements : 800 kg d’aliments ou de plats ont pu être économisés et le gaspillage a diminué en moyenne de 20%. Prochain objectif : atteindre 30%.

« Ces résultats sont très satisfaisants, commente Georges Oudjaoudi, vice-président de la Métropole en charge de la collecte. Ils reposent d’ailleurs en grande partie sur l’investissement des personnels de cantine, qui s’investissent considérablement et souhaitent même aller plus loin. On commence par parler gaspillage, et viennent rapidement des questionnements sur l’équilibre nutritionnel, l’importance du goût, etc. C'est donc très encourageant pour la suite. »

 

*Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie