Transition énergétique : la Métropole densifie son réseau de chauffage urbain

Publiée le 10 avril 2018

À compter du 1er juillet 2018, les bâtiments situés à proximité du réseau de chaleur métropolitain devront obligatoirement y être raccordés. La Métropole grenobloise vise par cette décision d’une ampleur inégalée en France, à favoriser le recours aux énergies renouvelables et de récupération.

© Lucas Frangella / Grenoble Alpes Métropole

Un réseau de chaleur - aussi appelé réseau de chauffage urbain - c’est quoi ? Concrètement, la chaleur est produite dans une ou plusieurs unités de production ou chaufferies (au nombre de cinq dans la Métropole : Villeneuve, Poterne, Vaucanson, CEA et l’usine d’incinération des déchets Athanor) puis acheminée sous forme d’eau chaude jusqu’aux bâtiments desservis (plus d’un millier à ce jour sur notre territoire dont 46 000 logements mais aussi des musées, piscines, hôpitaux, établissements universitaires…) via des canalisations isolées et enterrées sous la chaussée. Deuxième plus important réseau de chaleur en France, celui de la Métropole grenobloise représente à lui seul la moitié de la chaleur renouvelable produite sur le territoire métropolitain et dessert sept communes : Echirolles, Eybens, Gières, Grenoble, La Tronche, Pont-de-Claix et Saint-Martin d’Hères.

Afin de contribuer aux objectifs de la Métropole en matière de transition énergétique*, celle-ci vient de voter en conseil métropolitain, le « classement » de son réseau de chaleur à compter du 1er Juillet 2018. Cette procédure administrative donne obligation aux bâtiments requérant une puissance minimum de 100 kW (soit une résidence d’environ 15 à 20 logements) situés dans une bande de 150 m de part et d’autre du réseau actuel, de se raccorder à celui-ci (sauf dérogations). Cette procédure s’applique aux bâtiments neufs, aux extensions ou rénovations conséquentes et aux bâtiments remplaçant leur installation de chauffage collectif (> voir détail dans notre page dédiée).

Voir l'image en grand« Ce classement est une première à l’échelle nationale car la plupart des réseaux classés sont neufs alors que le réseau métropolitain, créé en 1960, est l’un de plus anciens en France avec celui de Paris. Par son ampleur, cette procédure va permettre de raccorder 500 bâtiments supplémentaires d’ici à 2030, soit 50% de plus qu’aujourd’hui » précise Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole.

 

Un chauffage urbain plus dense et plus vert

Cette décision sera mise en œuvre par la Compagnie de chauffage intercommunale de l’agglomération grenobloise (CCIAG) qui vient de se voir renouveler son contrat de délégation de service public pour les 15 années à venir. « Elle a pour cela du répondre à un cahier des charges très ambitieux en matière de renforcement des investissements, de développement des énergies renouvelables et de transparence renforcée à l’égard des usagers » précise Bertrand Spindler, vice-président de la Métropole délégué à l’énergie.

Ainsi, 200 millions d’euros seront investis sur les 15 années de délégation, parmi lesquels 110 M€ seront consacrés au développement du chauffage urbain et à l’amélioration de son empreinte environnementale. Le réseau, qui consomme aujourd’hui 65% d’énergies renouvelables et de récupération (bois, ordures ménagères…) verra ce chiffre augmenter à 85% en 2022 et 100% à l’horizon 2050 !

Autres atouts majeurs, le réseau de chaleur permet de garantir aux usagers des prix très compétitifs puisqu’il est préservé de la volatilité des prix des énergies fossiles et participe également à la préservation la qualité de l’air (un logement raccordé au chauffage urbain émettant environ 40 fois moins de particules qu’un appartement chauffé avec un foyer fermé).

En savoir plus sur le raccordement au réseau de chaleur

 


* Objectifs du schéma Directeur Énergie à l’horizon 2030 :

- 22 % de consommations énergétiques
+ 35 % d’énergies renouvelables et de récupération
- 30 % d’énergies fossiles