Formation professionnelle : le nouveau CAP Primeur sera lancé à la rentrée 2018

Publiée le 2 avril 2018

Un tout nouveau CAP Primeur accueillera ses premiers élèves à la rentrée prochaine dans six établissements* en France parmi lesquels l’Ecole Nationale des Industries du Lait et des Viandes (ENILV) à Pont-de-Claix.

© Lucas Frangella / Grenoble-Alpes Métropole Maxime Lafranceschina, Meilleur Ouvrier de France (MOF) et primeur à Seyssinet-Pariset, a contribué à la création de ce tout nouveau CAP.

Connaître les différentes variétés de fruits et légumes, savoir les choisir, les faire mûrir et les mettre en valeur sur l’étal. C’est déjà tout un art. Ajoutez à cela, le respect des normes d’hygiène et de sécurité mais aussi le conseil au client, les techniques de vente et l’adaptation aux nouvelles tendances de consommation… Les compétences nécessaires à l’exercice du métier de primeur sont aujourd'hui nombreuses. Il n’existait pourtant à ce jour aucune formation spécifique pour y parvenir.

C’est donc pour professionnaliser le métier et obtenir une reconnaissance de ce savoir-faire qu'un nouveau diplôme a été créé sous l’impulsion de l’ensemble de la filière fruits et légumes. L’époque où ce savoir-faire se transmettait de génération en génération (beaucoup d’entreprises de fruits et légumes étant auparavant familiales) tend en effet à disparaître. Et les pratiques ont évolué, comme en témoigne Maxime Lafranceschina, primeur à Seyssinet-Pariset et Meilleur Ouvrier de France (MOF) en 2015 : « Aujourd’hui, en plus de l’exigence de qualité des produits et du respect de l’hygiène et de la sécurité qui restent deux aspects primordiaux de notre métier, un bon primeur doit être en capacité de s’adapter à la demande des clients en proposant par exemple des fruits et légumes à différentes maturités mais aussi des produits en fraîche découpe, c’est à dire prêts à déguster ». Autant de compétences que les futurs apprentis – une dizaine environ pour cette première promotion – approfondiront pendant 2 ans afin d’être fin prêts pour le marché du travail.

Une filière qui recrute

« Selon moi, celui ou celle qui aura ce diplôme en poche n’aura aucun mal à trouver un emploi » estime Maxime Lafranceschina. Même son de cloche du côté de Saveurs Commerce* où Sergio Da Rocha, responsable du développement, précise : « D’après une enquête que nous avons menée auprès des professionnels, 60 % d’entre eux déplorent le manque de qualifications des candidats. Il y a de réelles perspectives d’embauche dans la filière qui est tout le temps en tension. Cela peut même être un premier pas vers l’entrepreneuriat pour ces jeunes ».

Bernard Colonel-Bertrand, directeur du Marché d’Intérêt National (MIN) de Grenoble qui s’est également investit dans la mise en place du CAP, salue cet aboutissement : « il était nécessaire de professionnaliser la filière. Nous sommes aujourd’hui face à des consommateurs qui sont de plus en plus avertis, qui sont en demande d’information sur la qualité et la provenance des produits et qui prêtent une plus grande attention à leur alimentation. En valorisant le métier, nous allons également aider au développement de la production locale ».

Du côté de la Métropole, les vice-présidents en charge pour l’une de l’agriculture et pour l’autre du commerce, Françoise Audinos et Guy Jullien, se réjouissent également de cette initiative, « tout à fait dans l’esprit de ce que nous impulsons en matière de soutien aux circuits courts, à l’agriculture locale et au développement d’une alimentation de qualité. Notre appui est bien évidemment acquis, d’autant plus que l’on évoque ici des emplois non délocalisables, ce qui est précieux».

> Vous avez entre 16 et 25 ans et le métier de primeur vous attire ? Contacter l’ENILV au 04 76 09 81 45.

 


* Grenoble, Lyon, Montbéliard, Paris, Orléans et Amiens.

* Saveur Commerce est une Fédération de syndicats représentant les commerçants spécialisés en fruits et légumes, épicerie et produits bio au niveau national.