GF 38 féminin : L’élite au bout du pied

Publiée le 15 mars 2018

À un an de la Coupe du monde de foot féminin, zoom sur le club de l'agglomération, le GF 38 féminin, qui tente de monter en D1.

Julien Diaféra

L’envie, la gagne. C’est ce qu’elles répondent sans hésiter quand on leur demande ce qui caractérise le foot féminin. On pourrait ajouter l’art du tacle, mine de rien. « Il n’y a pas de chichi avec nous, pas de simulation », sourit Cindy Perrault. « Ceux qui viennent nous voir le constatent tout de suite : on s’arrache vraiment sur le terrain, ajoute Luce Ndolo Ewele. Beaucoup nous disent après avoir vu un de nos matchs préférer finalement le foot féminin au foot masculin ».

Toutes les deux jouent au GF38 : la première a 22 ans et garde la cage de l’équipe ; la seconde, 25 ans, est attaquante. Avec leurs coéquipières, elles vivent un peu dans l’ombre de leurs collègues masculins qui attirent toutes les lumières. Pourtant, elles sont aussi joueuses et ambitieuses qu’eux, et c’est même pour cela qu’elles sont là. Elles ont atterri à Grenoble attirées par le « projet » du club : la montée en D1, l’élite du foot féminin.

« Je cherchais de bonnes structures et de bonnes joueuses », confirme Cindy Perrault, formée à Angers et passée par Lyon et Albi. « J’ai toujours aimé le challenge, le haut niveau, ajoute Luce Ndolo Ewele qui a grandi en région parisienne. On a vraiment un bon groupe, avec des joueuses qui sont en capacité de nous faire monter. Je sais que l’équipe ne sera pas longue à être en D1 ». Pour elles, la question n’est donc pas de savoir si l’équipe y parviendra, mais quand.

Un point de chute au stade Paul-Bourgeat de Gières

Au moment où nous écrivons ces lignes, l’équipe se trouve à la 4e place du championnat de D2 (groupe B), à huit points du leader Saint-Étienne. Deux ans après sa fusion avec le Grenoble Métropole Claix Football féminin, la formation entraînée par Nicolas Bach peut encore espérer - mathématiquement - accéder à l'élite. Et si ce n'est pas cette année...

Il manque encore une ch Voir l'image en grand Julien Diafériaose au club pour prétendre à l’élite : un stade « fixe » où jouer à domicile. Les joueuses du GF38 reçoivent leurs adversaires au gré des enceintes disponibles à Grenoble, sur le territoire métropolitain et même parfois en dehors ! L’équipe, qui a joué à plusieurs reprises à Moirans, souhaiterait pouvoir utiliser le stade Lesdiguières. Or, l’enceinte est très demandée par d’autres clubs.

Après des discussions avec plusieurs communes de l’agglomération (menées notamment par le vice-président de la Métropole délégué au sport, Yannick Belle), le GF38 féminin a finalement trouvé un point de chute pour ses derniers matchs à domicile : au stade Paul-Bourgeat de Gières. Après Metz le 11 mars, Cindy Perrault, Luce Ndolo Ewele et leurs coéquipières y recevront Nancy puis Saint-Étienne (lire ci-dessous).

En attendant la Coupe du Monde féminine

Trouver un stade “fixe” demeure capital pour le club qui cherche à se structurer davantage dans la perspective d’une accession dans l’élite. « Il nous manque un lieu de vie, un repère où l’on se dit : c’est là que ça se passe », souligne Max Marty, manager général du club, qui souhaite également créer le premier centre de formation de foot féminin en France. « On va développer ce sport. On va s’en occuper, mais on a besoin de le faire ensemble ».

L’affaire est importante également pour la Métropole dans la perspective, cette fois, de la Coupe du monde de foot féminin. Entre le 7 juin et le 7 juillet 2019, le Stade des Alpes recevra cinq matchs internationaux, dont un huitième de finale. Et dès cet automne, l’enceinte sportive métropolitaine, qui sera progressivement aménagée et modernisée, accueillera un match préparatoire de l’équipe de France féminine.

« Pour le GF 38 féminin, on a trouvé cette solution pour cette année et on a quelques pistes pour l’année prochaine, explique Yannick Belle. La Métropole, qui soutient le sport féminin, ne peut pas rester insensible : il n’est pas logique que le club phare du foot féminin ne joue pas sur son territoire. Ce club possède une aura, pas seulement grenobloise, mais métropolitaine. Et même nationale si elle monte en D1 ».

 


 

Les derniers matchs à domicile

Dans le cadre d’un accord avec la mairie de Gières, le club de la commune et le GF38, ce dernier pourra jouer les matchs de la fin de saison au stade Paul-Bourgeat à Gières. Le public pourra venir les supporter le 25 mars à 13h face à Nancy et le 22 avril à 15h face à Saint-Étienne. Le dernier match à domicile se jouera quant à lui au stade Lesdiguières, à Grenoble, le 13 mai face à Dijon.