Qualité de l’air : mise en place d’une zone « basses émissions » dans la métropole grenobloise

Publiée le 1 mars 2018

À l’horizon 2025, seuls les véhicules de transport de marchandises (véhicules utilitaires légers et poids-lourds) les moins polluants seront autorisés à circuler dans le périmètre de la future « zone à basses émissions » qui sera mise en place au printemps 2019 dans 9 communes métropolitaines.


Alors que l’Allemagne vient d’autoriser ses grandes villes à interdire la circulation des véhicules diesels en ville*, la Métropole grenobloise a annoncé ce jeudi 1er mars la mise en place d’une zone « basses émissions poids-lourds et véhicules utilitaires légers » - plus connue sous le nom de zone de circulation restreinte (ZCR) – dans 9 communes du territoire au printemps 2019 : Échirolles, Eybens, Grenoble, La Tronche, Poisat, Pont-de-Claix, Saint-Egrève, Saint-Martin d’Hères et Saint-Martin-le-Vinoux. « C’est une nouvelle brique de la politique métropolitaine en faveur de la qualité de l’air qui est posée aujourd’hui » indiquait ainsi en préambule de la conférence de presse Christophe Ferrari, président de la Métropole grenobloise. Avant de rajouter, « Une dynamique européenne est aujourd’hui à l’œuvre : 220 zones de basses émissions existent en Europe et il s’agit d’un enjeu fort en matière de santé publique mais aussi d’attractivité du territoire ».

114 décès par an liés à la pollution dans le bassin grenoblois

Si la qualité de l’air s’est notablement améliorée ces dernières années dans la métropole, les seuils règlementaires concernant les particules fines, le dioxyde d’azote et l’ozone sont régulièrement dépassés. Chaque année, la pollution atmosphérique serait ainsi à l’origine de 114 décès prématurés environ dans le bassin grenoblois. Parmi les sources principales de cette pollution, le chauffage individuel au bois non performant et les transports routiers, secteur dans lequel les véhicules de marchandises représentent 30 à 40 % des émissions de polluants atmosphériques.

Une mise en place progressive…

Voir l'image en grand Les élus et partenaires du projet lors de sa présentation au siège de la Métropole grenobloise le 1er mars 2018 @ Lucas FrangellaUne première expérimentation de ZCR est déjà menée depuis le 1er janvier 2017 dans le centre-ville élargi de Grenoble. Au printemps 2019, ce périmètre sera étendu aux neuf communes volontaires de la Métropole, avec une première étape d’interdiction de circulation aux véhicules de transport de marchandises classés CQA5 (voir notre page sur les certificats qualité de l’air). Ceci, du lundi au vendredi de 6h à 19h. Cette réglementation sera ensuite progressivement renforcée jusqu’en 2025 (date à laquelle seuls les véhicules basses émissions seront autorisés à circuler) afin de laisser le temps aux acteurs économiques – qui ont été associés à la démarche dès 2015 - de s’adapter et d’anticiper le renouvellement de leur parc de véhicules.

… et des mesures d’accompagnement des professionnels

La mise en place de cette ZCR fait partie d’un plus large plan d’action en faveur d’une logistique urbaine durable dans le territoire. D’autres mesures visant à accompagner cette transition écologique sont donc mises en place telles que l’aide à l’achat d’un véhicule moins polluant pour les professionnels, la création de deux centres de distribution urbaine visant notamment à limiter le nombre de livraisons sur le territoire, le développement des infrastructures de recharge GNV, électrique et hydrogène…

Yann Mongaburu, vice-président de la Métropole aux déplacements et président du SMTC soulignait par ailleurs la formidable opportunité économique pour le territoire que représente cette sortie du diesel : « Si nous parvenons à réaliser cette transition écologique des véhicules de transport de marchandises d’ici à 2030, cela représente une économie annuelle de 15M€ sur le territoire ».


* Décision de la Cour administrative fédérale de Leipzig annoncée ce mardi 26 février 2018.