Budget 2018 de la Métropole : « Le pied sur l’accélérateur de l’investissement »

Publiée le 29 janvier 2018

Des investissements en hausse, pas d’augmentation d’impôt et de nouvelles économies pour préparer l’avenir : le conseil métropolitain se réunit ce vendredi pour débattre du budget 2018 de la Métropole.

La future centrale au bois Biomax sur la presqu'île de Grenoble.

D’abord, le contexte. Entre 2014 et 2017, l’État a demandé aux collectivités locales de contribuer au redressement des finances publiques de la nation pour un montant de 11 milliards d’euros. Cette année encore, les dotations de l’État pour Grenoble-Alpes Métropole diminuent ainsi de trois millions d’euros. Au total, ces baisses auront représenté 50 millions d’euros depuis 2014.

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Parallèlement, Grenoble-Alpes Métropole a acquis deux nouvelles compétences cette année : la promotion internationale et surtout, la gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (Gemapi) qui comprend l’entretien et de la surveillance des ouvrages de protection contre les inondations comme les digues, et dont les dépenses s’élèvent à sept millions d’euros pour 2018*.

Malgré des ressources en baisse et des responsabilités en hausse, la Métropole a fait le choix d’investir massivement pour le territoire en programmant 180 millions d’euros pour 2018 (contre 160 millions d’euros en 2017, soit une hausse de 12,5%). La collectivité est ainsi le premier contributeur public local à l’activité de la région grenobloise puisqu’elle investira cette année 535 euros par habitant. « Depuis 2014, nous avons le pied à fond sur l’accélérateur de l’investissement », a rappelé Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole.

Les futurs investissements

Concrètement, la Métropole investit dans la future centrale au bois Biomax, les travaux de sécurisation en eau potable à Vif, Le Gua et Varces, l’extension de la ligne A du tramway, le développement du très haut-débit (en partenariat avec le Département), l’aide aux commerces, le Pavillon de la mobilité, l’aire de grand passage pour les gens du voyage ou encore le déploiement du réseau Chronovélo. Les communes ne sont pas oubliées puisque la Métropole maintient sa contribution redistributive d’un montant de 123 millions d’euros.

Voir l'image en grandPour financer ces investissements, la Métropole a choisi de ne pas augmenter les impôts locaux qu’elle perçoit (taxe d’habitation, taxe sur le foncier bâti, sur le foncier non-bâti, sur l’enlèvement des ordures ménagères et cotisation foncière des entreprises). Elle n’augmentera pas non-plus sa dette. Au contraire : sa capacité de désendettement va diminuer et passer à sept ans (le seuil critique est établi à 12 ans). Sa solution ? Réaliser des économies sur son propre fonctionnement.

Les prises de compétences étant à peu près stabilisées, la Métropole s’est dotée d’un nouvel outil de rationalisation financière : la « programmation pluriannuelle de fonctionnement » qui permet une gestion encore plus stricte et rigoureuse des dépenses. Cependant, il ne s’agit pas de faire des économies pour faire des économies. Mais bien pour préparer les futurs investissements. « Le but de tout cela est de se dégager des marges de manœuvre en prévision des grands projets qui vont arriver comme l’échangeur du Rondeau », a souligné Raphaël Guerreo, vice-président délégué aux finances et au budget.

 

 

*Pour financer cette nouvelle compétence, l’État a prévu la création d’une nouvelle « taxe Gemapi ». La Métropole a choisi de mobiliser ses propres ressources et de limiter le prélèvement sur les entreprises et les ménages à 2,5 millions d’euros.