Désamiantage de la passerelle : le point sur la sécurité

Publiée le 9 janvier 2018

Âgé de plus de 100 ans (sous sa forme actuelle), le vénérable pont suspendu reliant le centre historique de Grenoble, rive gauche de l’Isère, à la place de la Cymaise, dans le quartier Saint-Laurent, rive droite, connaît depuis le mois d’octobre un ravalement complet afin d’assurer sa pérennité et la sécurité de ses usagers. La phase cruciale de désamiantage doit démarrer dans une semaine.

©Grenoble-Alpes Métropole / Lucas Frangella Le confinement de l'édifice, par ailleurs mis en dépression et doté d’extracteurs puissants, empêchera les poussières toxiques d’amiante de se répandre dans l’atmosphère.

Un chantier d'un an

Rongé par une corrosion importante sur ses parties latérales, un chantier d’un an est nécessaire pour réhabiliter et sécuriser complètement l’ouvrage. Long, onéreux et d’une grande complexité, ces travaux s’expliquent par la nécessité de démonter et de remplacer entièrement le tablier de la passerelle - qui ne peut être réparé -, et de nettoyer et réparer certaines de ses parties maçonnées. Une phase cruciale dont les travaux doivent démarrer la semaine prochaine. Il s’agira, une fois le confinement de la passerelle assuré, de décaper les peintures qui ne protègent plus de la corrosion et contiennent à la fois de l’amiante et du plomb, mais aussi de remplacer certaines pièces corrodées de la structure métallique.

©Grenoble-Alpes Métropole / Lucas Frangella Au fur et à mesure du chantier, l'édifice dévoile sa forte corrosion.

Un désamiantage en règle

Cette dernière opération va donc nécessiter un désamiantage en règle de l’ouvrage, en observant le protocole et les exigences strictes d’hygiène et de sécurité en la matière, afin d’assurer la neutralité de l’opération pour les ouvriers sur place comme pour la population.

Pour cela, un confinement de l’édifice par phases (d’abord la moitié de la passerelle depuis la rive gauche, puis l’autre moitié depuis la rive droite), réalisé au moyen de deux bâches superposées, vient de démarrer. Ce double confinement, par ailleurs mis en dépression et doté d’extracteurs puissants, empêchera les poussières toxiques d’amiante de se répandre dans l’atmosphère. Grâce aux extracteurs, elles seront aspirées et piégées dans des filtres qui seront ensuite traités dans un centre spécifique situé à Cherbourg. Les ouvriers qui travailleront au contact de l’amiante porteront des scaphandres et passeront par une série de cinq sas de décontamination avant de pouvoir retourner à l’air libre. Le déroulement du chantier sera régulièrement contrôlé par les professionnels de santé et l’inspection du travail.

Une fois les travaux de désamiantage terminés, un nettoyage méticuleux de tous les objets ayant été en contact avec l'amiante sera réalisé et une "analyse libératoire" sera pratiquée pour s'assurer de l'absence de traces d'amiante résiduelles.

Une déviation de 230 mètres et des mesures d'accompagnement

Durant ces 12 mois de travaux, la déviation piétonne via le pont de la Citadelle, entre le quai Xavier-Jouvin (rive droite) et le quai Stéphane-Jay (rive gauche) occasionnera un détour de 230 mètres. Jusqu'à la fin des travaux, une signalétique et un jalonnement au sol est en place, et deux arrêts de bus provisoires ont été ajoutés par le SMTC en rive gauche de l'Isère sur la ligne 40 au niveau de la passerelle et du téléphérique.

En plus d’événements comme le bal des Quais organisé en septembre dernier par la Métropole pour faire en sorte de soutenir la vitalité du quartier, des fresques valorisant son patrimoine et son histoire ont été installées par la Ville de Grenoble de part et d’autre de la passerelle, sur les palissades du chantier.

Coût total : 2 310 000 €

  • Grenoble-Alpes Métropole : 1 297 500€
  • Département : 550 000€
  • Ville de Grenoble : 462 500€