Transition écologique : quand les déchets deviennent une source d’énergie

Publiée le 19 décembre 2017

Transformer la pollution de nos déchets ménagers en énergie renouvelable, c’est l’innovation proposée par la start-up métropolitaine Waga-Energy avec son produit phare, la WAGABOX®.

La 3e Wagabox® en cours de fabrication à Saint-Quentin-sur-Isère © Nathalie Anula / Grenoble-Alpes Métropole

La « box » fait tout de même même 250 m2 au sol et pèse 50 tonnes. « C’est en fait une petite raffinerie que nous avons créé » explique Mathieu Lefebvre, président de la société Waga-Energy basée à Meylan. Une raffinerie d’un genre nouveau qui, grâce à sa technologie de pointe, ouvre de nouvelles perspectives en matière de valorisation des déchets. Explications.

 

En France, plus d’un tiers des déchets sont enfouis dans des Installations de stockage des déchets non dangereux (ISDND), plus communément appelées décharges. En l’absence d’oxygène, les déchets se décomposent et fermentent, produisant du biogaz (mélange de méthane, de dioxyde de carbone, d’azote, d’oxygène et d’impuretés qui rendent sa réutilisation très difficile). Lorsqu’elles ne sont pas captées, ces émanations de biogaz contribuent fortement au réchauffement climatique, le méthane étant un puissant gaz à effet de serre.

 

Voir l'image en grand Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole accompagné de Bertrand Spindler, vice-président délégué à l’énergie, Georges Oudjaoudi, vice-président délégué à à la prévention, la collecte et la valorisation des déchets, Frédéric De Azevedo, président de la communauté de communes Saint Marcellin Vercors Isère et Jean-Pierre Faure, maire de Saint-Quentin-sur-Isère lors de la visite du site de production de la 3e WAGABOX® C’est là qu’intervient la WAGABOX®. Son rôle ? Capter ce biogaz, le purifier puis le réinjecter sous forme de biométhane - pur à plus de 98% - dans le réseau de distribution de gaz naturel. Pour cela, la solution combine deux techniques : la filtration par membrane et la distillation cryogénique (à froid). C’est là que se trouve l’innovation technologique du produit comme l’indique Mathieu Lefebvre : « nous sommes les premiers au monde à avoir distillé le mélange air-méthane ». Une machine produit en moyenne 2 millions de m3 de biométhane par an, évitant de rejet dans l’atmosphère de 4 000 tonnes de CO2.

« Il y a ici à Grenoble, tout un tissu favorable au développement de notre solution »

Dix années de recherche et développement auront été nécessaires pour aboutir à cette innovation, dont 7 années au sein de la société Air Liquide à Sassenage dans laquelle travaillaient trois des quatre fondateurs de Waga-Energy. « Je suis persuadé que cette innovation n’aurait pas pu se faire ailleurs qu’à Grenoble. Nous avons ici les meilleurs experts de la cryogénie mondiale et tout un tissu favorable au développement de notre solution » indique le président Mathieu Lefebvre.

 

Waga-Energy a ainsi obtenu en 2016 le « Grand Prix de la lutte contre le réchauffement climatique » décerné par l’Ademe et le Ministère de l’écologie, du Développement durable et de l’environnement.

 

Après l’installation de deux premières machines (dans l’Yonne puis dans l’Oise), la troisième unité est en cours de fabrication à Saint-Quentin-sur-Isère dans la chaudronnerie Ravanat et sera livrée en février 2018 dans le Gers. « Nous espérons développer une dizaine de sites en France mais aussi exporter cette technologie à l’international car nous répondons à une problématique universelle ». La jeune startup porte donc son regard outre-atlantique ou plusieurs contacts ont déjà manifesté leur intérêt pour cette solution. À suivre...

 

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