General Electric : Une alternative est possible

Publiée le 3 novembre 2017

Les salariés de General Electric et de nombreux élus demeurent mobilisés contre le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui prévoit la suppression de 345 postes. Le président de la Métropole, Christophe Ferrari, a écrit au président de la République pour lui proposer une reconversion du site.

Avec le PSE de General Electric, une partie du savoir-faire industriel grenoblois est menacé.

Depuis l’annonce du PSE, de nombreux élus locaux et nationaux ont rencontré les salariés et se sont mobilisés à leurs côtés pour tenter d’infléchir la position de General Electric et sauver les emplois.

Le groupe américain General Electric a racheté en 2015 les activités énergie d’Alstom en s’engageant notamment à créer 1000 emplois nets en France d’ici la fin 2018. Or, début juillet, le groupe annonçait la fermeture de l'activité fabrication de turbines hydrauliques, avec une réduction de près de la moitié des effectifs, soit 345 emplois directs, sur les 800 que compte le site.

Dès le 6 juillet, Christophe Ferrari a interpellé le président de la République pour l’appeler « instamment à (son) implication personnelle au service de la recherche de solutions préservant l’avenir des salariés concernés ». Deux jours après, le conseil métropolitain recevait une délégation du personnel et votait à l’unanimité un vœu de soutien aux salariés. Depuis, la Métropole a suivi de très près le combat « des GE ».

Le savoir-faire grenoblois

Constatant que le dossier n’avançait pas, Christophe Ferrari a écrit une nouvelle fois au président de la République le 2 octobre pour lui faire part « d’une opportunité qui permettrait, d’une part, d’apporter une réponse au défi de la transition énergétique et, d’autre part, de préserver l’intégrité de notre outil industriel grenoblois ».

Cette solution, qui offrirait de nouveaux débouchés économiques à l’entreprise, pourrait passer par les « stations de transfert d’énergie par pompage ». Ces installations hydroélectriques, composées de deux bassins situés à des altitudes différentes, permettent de stocker de l’énergie en pompant l’eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur lorsque la demande électrique est faible. Inversement, lorsque la demande électrique augmente, elles restituent de l’électricité en turbinant l’eau du bassin supérieur.

Ces stations « nécessitent une ingénierie spécifique permettant de concevoir un équipement adapté, à l’image de celle présente à Grenoble, souligne Christophe Ferrari. Aujourd’hui, les ateliers du site grenoblois possèdent des savoir-faire reconnus en matière d’usinage, de soudure, d’assemblage et de vérification (…). Le niveau de maîtrise et des compétences des équipes permet de garantir une production qui a toute sa place sur le marché international ».

« GE doit faire mieux »

« Je tiens à vous faire part de ma conviction qu’il nous faut saisir cette opportunité qui se justifie aussi économiquement qu’industriellement ou encore politiquement », conclut le président de Grenoble-Alpes Métropole. « C’est vrai que cela pourrait être une solution, indique Nadine Boux, secrétaire général adjointe du comité d’entreprise de GE. Les turbines à pompe permettent de stocker et de pouvoir disposer l’énergie quand on en a besoin, ce qui n’est pas possible avec le solaire et l’éolien ».

Après une grève de neuf jours, les salariés de General Electric ont repris le travail le 12 octobre. Une délégation a été reçue au ministère de l’Économie et des Finances. Cinq jours après, Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Économie, a demandé à la direction de General Electric d’améliorer les dispositions du plan social. « Un groupe qui a la taille, et (qui est) à la mesure d'un marché mondial comme GE, doit faire mieux sur le PSE qui a été présenté », a-t-il déclaré.

Une avancée timide qui ne livre aucun élément supplémentaire quant à la menace qui pèse sur la majorité des salariés et, plus généralement, sur l’avenir du site grenoblois et de son savoir-faire.