Culture : Glénat installe Rembrandt à Grenoble

Publiée le 26 octobre 2017

Le Fonds Glénat pour le patrimoine et la création expose 68 gravures du maître néerlandais au couvent Sainte-Cécile.

D. Guillaudin. ©2017 Fonds de dotation Glénat Rembrandt aux yeux hagards (1630)

Elles sont si petites qu’il faut une loupe pour les admirer. Le Fonds Glénat pour le patrimoine et la création expose en avant-première au couvent Sainte-Cécile 68 gravures originales de Rembrandt. Âgées de 300 ans, ces œuvres, qui ne mesurent que quelques centimètres, sont issues de la collection de l’Américain Neil Kaplan que le Fonds vient d’acquérir (la somme est tenue secrète).

 

« Nous réalisons régulièrement des expositions de peintures ou de BD mais pour accroitre le nombre de visiteurs et améliorer la notoriété de la fondation, il nous manquait un vrai trésor patrimonial, explique Jacques Glénat, le président fondateur de la maison d’édition grenobloise. Nous sommes tombés un peu par hasard sur cette collection et nous l’avons trouvé magnifique ».

Sur le podium de l'art européen

Rembrandt dessine et grave à partir des années 1620 à Amsterdam commençant par des thèmes bibliques et antiques. S’inspirant de Caravage, il joue « avec l’éclairage pour créer un clair-obscur et une œuvre totalement intemporelle », s’enthousiasme Ger Luijten, directeur de la fondation Custodia à Paris qui a conseillé Jacques Glénat pour ses acquisitions.

 

Voir l'image en grand D. Guillaudin. ©2017 Fonds de dotation Glénat Le Christ prêchant, dit aussi La Petite Tombe (vers 1652)

Il affirme son style en multipliant les scènes de la vie quotidienne mais aussi les portraits et les autoportraits. Le maître de la lumière et des demi-teintes est aussi un amoureux du détail. Il capte avec virtuosité les textures et les expressions jusqu’à donner une intensité à ses personnages. Jusqu’à les rendre vivants.

 

« Il se prenait lui-même comme modèle, nous apprend Ger Luijten. Il ne se passe pas une année sans qu’il fasse un autoportrait parce qu’il voulait communiquer une certaine image de lui ». Contemporain de Rubens, Rembrandt « voulait être sur le podium de l’art global de l’époque, c’est-à-dire européen ».

 

Avec son art de la composition et de la monumentalité (dans de si petits formats), l’artiste néerlandais fut sans doute à l’origine de la préhistoire de la bande dessinée que défend aujourd’hui la maison Glénat. « Il y a une certaine continuité, indique Jacques Glénat. Chaque gravure nous raconte plein d’histoires. A chaque fois, c’est un monde merveilleux ».

 

Voir l'image en grand Lucas Frangella/Grenoble-Alpes Métropole

Baptisée Rembrandt à Grenoble, l’exposition dure jusqu’au 16 décembre. Les eaux fortes du maître seront ensuite présentées par roulement dans les anciens parloirs du couvent Sainte-Cécile. « Nous n’avons pas la prétention d’être un musée mais je suis content de pouvoir monter dans l’estime de la communauté des musées », sourit Jacques Glénat.

 

Fidèle à Grenoble

 

L’exposition permanente de Rembrandt est une étape supplémentaire de l’ancrage de la maison d’édition dans la capitale des Alpes. Elle aurait pu être présentée à Paris dans un lieu temporaire ou acquis pour l’occasion mais la société, dont le plus gros succès demeure la saga Titeuf (plus de 21 millions d’exemplaires vendus dans le monde entier), reste fidèle à Grenoble.

 

En témoigne les nombreux ouvrages édités sur la région et son patrimoine, la randonnée ou encore la montagne, comme la prestigieuse revue l’Alpe. L’un des prochains livres à sortir portera d’ailleurs sur les 50 ans des Jeux Olympiques. « Même si je passe désormais 80% de mon temps à Paris, j’ai toujours envie de rentrer chez moi, assure son fondateur. Je suis né à Grenoble et je reste Alpin et Dauphinois ».

 




Exposition jusqu’au 16 décembre 2017
Du lundi au samedi, de 11h à 12h30 et de 13h30 à 19h
Entrée : 6 euros, gratuit pour les moins de 13 ans
Espace enfants en accès libre

 

Plus d’infos sur couventsaintececile.com