Chantier hydroélectrique Romanche-Gavet : « Une énergie renouvelable déterminante pour notre territoire »

Publiée le 23 octobre 2017

Le plus grand chantier de construction d’aménagement hydroélectrique de France est actuellement en cours sur la commune de Livet-et-Gavet, aux portes du territoire métropolitain.

© Lucas Frangella / Grenoble-Alpes Métropole

Depuis 2010, la basse vallée de la Romanche est de nouveau le théâtre d’un chantier titanesque où la pierre et l’eau, domestiquées par les hommes, demeurent les personnages principaux. Car ce n’est pas la première fois que la commune de Livet-et-Gavet se voit concernée par la passion des hommes pour la “houille blanche”. Six centrales hydroélectriques, fonctionnant encore aujourd’hui au fil de l’eau, y ont été construites à partir de la fin du 19e siècle, pour une production d’électricité aujourd’hui équivalente à la consommation résidentielle moyenne d’une ville de 167 000 habitants.

Produire 30% d’électricité en plus

Mais c’est aujourd’hui un chantier d’une tout autre ampleur, en phase avec les possibilités techniques et les exigences environnementales de notre époque, auquel se livre EDF, le premier producteur et fournisseur d’électricité en France et dans le monde. Il vise à remplacer les 6 centrales et les 5 barrages existants sur les 10 kilomètres de la commune, par un aménagement souterrain - donc invisible - et un unique barrage « prise d’eau » en amont, au niveau de Livet. Avec au moins deux intérêts manifestes : produire 30% d’électricité en plus (soit la consommation de 65 000 habitants), et rendre sa virginité au paysage grandiose de cette basse vallée particulièrement encaissée de la Romanche, une fois que les centrales actuelles auront été démantelées (à l’exception de celle des Vernes, dont le bâtiment classé aux Monuments historiques depuis 1994 est en cours de rénovation).

Des installations souterraines donc invisibles

Voir l'image en grandSur le principe, l’aménagement consiste en plusieurs grandes installations majeures : un barrage « prise d’eau » en amont, à Livet, dont la construction est désormais achevée et où l’eau de la Romanche sera captée ; une galerie souterraine de 9 km reliant Livet à Gavet, creusée très profondément dans le gneiss (roche, Ndlr) particulièrement dur de la chaîne de Belledonne (300 mètres restent à évider) et dans laquelle circulera l’eau captée à Livet ; enfin un immense puits blindé, dans lequel l’eau de la galerie s’engouffrera à grande vitesse pour faire tourner deux turbines logées 165 mètres en contrebas dans une grande structure souterraine (au niveau de Gavet), et dont l’électricité produite sera traitée par des transformateurs également logés dans la roche.

Des retombées économiques et écologiques

Côté économique, un chantier aussi colossal ne pouvait pas exister sans des retombées substantielles pour les entreprises de la région Rhône-Alpes, avec 300 personnes travaillant sur le chantier - dont 5% de main-d’œuvre en clause d’insertion - et des dizaines d’entreprises sous-traitantes de l’Isère et de la Drôme sollicitées pour leur savoir-faire (52 millions d’euros de travaux). Côté environnement, outre des zones sensibles préservées pendant le chantier, notamment les habitats à reptiles et les cordons boisés particulièrement appréciés des chauves-souris, c’est la continuité piscicole qui sera rétablie sur 25 km, de Gavet à Bourg-d’Oisans par le démantèlement des centrales et barrages actuels, et grâce à la présence de passes à poissons sur le barrage de Livet, en « montaison comme en dévalaison ».

« Une énergie renouvelable déterminante pour notre territoire »

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« On est ici au coeur de ce qui fait notre histoire, a expliqué le président de la Métropole, Christophe Ferrari, qui s’est rendu sur place ce vendredi afin de visiter les installations. C’est une évolution majeure, avec une prise d’eau qui va remplacer les 6 prises actuelles, et ces ouvrages souterrains témoignent d’un génie civil impressionnant. Mais c’est aussi une contribution importante à la production d’énergie renouvelable qui alimentera les foyers de notre Métropole, ce qui est déterminant pour notre territoire. »

« EDF souhaite être un partenaire privilégié de la Métropole pour tout ce qui touche aux enjeux énergétiques et citoyens de son territoire, a insisté de son côté Christian Missirian, directeur commerce de la région Auvergne- Rhône-Alpes chez EDF. Aujourd’hui, avec ce chantier, nous montrons le savoir-faire de notre groupe en matière d’énergie renouvelable, avec la perspective de mettre cette expertise à disposition de la Métropole dans le cadre de l’élaboration de ses politiques ».


> Le calendrier des travaux :

2010 : début du chantier
2018 : fin du chantier
2019 : premiers essais
2010 : mise en service