Risques majeurs et résilience du territoire

Risques d’inondation, de glissement de terrain, d’accident industriel… La Métropole concentre les dangers, mais dispose d’un savoir-faire pour conjuguer protection de sa population, attractivité et développement territorial.

©Grenoble-Alpes Métropole / Lucas Frangella

LES RISQUES

L'eau

À la faveur du dérèglement climatique et malgré plus de 130 km de digues élevées aujourd’hui le long du Drac et de l’Isère, le spectre d’une crue qui occasionnerait de lourds dégâts demeure bien présent : « Si une inondation comme celle de 1859 survenait aujourd’hui, il y aurait pour plus d’un milliard d’euros de dégâts. II vaut donc mieux prévenir que guérir » rappelait en début d'année 2018, Fabien Mulyk, président du Symbhi, la structure à qui la Métropole a confié le chantier des systèmes d’endiguement des principaux cours d’eau.

Aussi, si la consolidation et l'entretien des digues demeurent indispensables, d’autres solutions doivent être mises en œuvre : interdire les logements en rez-de-chaussée dans certaines zones, utiliser des champs comme déversoirs temporaires, mais aussi préparer la population pour qu’elle soit prête au cas où… Un programme aujourd’hui mis en œuvre par la Métropole, dont c’est désormais la responsabilité.

La montagne

Séismes, chutes de blocs, glissements de terrain et autres ravinements, effondrements et affaissements, sont autant de phénomènes hélas recensés chaque année parmi les 49 communes métropolitaines aux environnements naturels très divers.

L'industrie chimique et le nucléaire

Après les risques d'origine naturelle, il faut s’atteler à ceux liés aux risques technologiques, fruits de l’activité humaine : il a ainsi fallu, à Jarrie, Domène et Pont-de-Claix conjuguer une activité économique fournissant nombre d’emplois, au fait que celle-ci soit classée Seveso. Et dans le nord, sur la Presqu’île, c’est l’équipement nucléaire de recherche de l’Institut Laue-Langevin qui réclame une vigilance de chaque instant et qu’il s’agit ainsi de protéger.

  • À Jarrie, le Programme d'accompagnement des risques industriels (PARI), piloté par l'État, permet de financer vos travaux de mise en sécurité de votre habitat dans les zones concernées.

LE PROGRAMME D'ACCOMPAGNEMENT DES RISQUES INDUSTRIELS (PARI) concernant JARRIE 

  • À Domène et au Pont-de-Claix, 2 dispositifs d'accompagnement spécifiques, pilotés par la Métropole, vont permettre aux habitants de sécuriser leur logement tout en bénéficiant d'une aide technique et financière.

Vers un territoire "résilient"

Résister aux chocs...

Face à tous ces aléas naturels et technologiques, qui font de la métropole grenobloise l’un des centres urbains les plus exposés de France, la collectivité a imaginé une stratégie qu’elle a commencé à mettre en œuvre : celle de l’aménagement d’un “territoire résilient”.

...en s'adaptant

Le mot "résilient" est un terme très en vogue, venu de la psychologie, qui désigne la capacité d’un système à retrouver son équilibre après une perturbation. Appliqué à un territoire, il peut être défini comme la capacité à s’adapter aux événements, afin de limiter les effets des catastrophes naturelles ou technologiques et de retrouver un fonctionnement normal le plus rapidement possible.

QUI FAIT QUOI ?

Côté prévention

le maire a la responsabilité d’élaborer un Document d’information communal sur les risques majeurs (Dicrim). Le Préfet conçoit les plans de prévention qui réglementent l’utilisation des espaces en fonction des risques. Quant à la Métropole, elle est responsable de la gestion des cours d’eau et prend en compte les risques dans les documents d’urbanisme.

En cas de crise

c’est au maire qu’il revient d’activer un Plan communal de sauvegarde”, qui prévoit l’organisation nécessaire pour assurer l’information et la protection des habitants. Mais c’est le Préfet qui déclenche le plan d’intervention pour tout accident industriel ou catastrophe majeure, selon des dispositifs (PPI, Orsec) organisant les secours à l’échelle du département. Enfin, la Métropole peut apporter son soutien sur réquisition des communes et du Préfet, comme lors des épisodes de fortes pluies de janvier 2018.

Et les citoyens ?

Il leur incombe de connaître les risques auxquels ils sont exposés et de suivre strictement les consignes de sécurité prévues.

Concilier sécurité et développement

Insuffler une culture du risque

Malgré ces aléas, la Métropole doit veiller à concilier protection des habitants et développement économique du territoire ! Pour cela, elle doit adapter le tissu urbain et renforcer sa capacité d’anticipation et de gestion de crise. Cela passe par le développement d'une culture du risque auprès de l’ensemble des métropolitains et par le développement d'une stratégie de résilience qui ne nie pas le risque, mais cherche à l’objectiver pour réduire sa vulnérabilité.

Quelques exemples

Concrètement, cela se traduit par des règles d’urbanisme qui changent, des architectures adaptées pour des bâtiments plus résistants, des constructions d’établissements vulnérables (écoles, hôpitaux, crèches…) en dehors de zones les plus exposées, des forêts qui arrêtent les rochers, des réseaux de fossés capables d’absorber une partie des crues, etc.

Que faire en cas d'alerte ?