Reconstruction des outils industriels de traitement des déchets

Dans un contexte d’évolutions importantes en matière de gestion des déchets, la Métropole et les collectivités du Sud-Isère se mobilisent autour de projets de reconstruction des outils industriels de tri, de valorisation et d’incinération.

Répondre à de nouvelles ambitions

Le coût de la gestion des déchets ménagers pèse de plus en plus lourd sur le budget des collectivités. Dans le même temps, l'action de ces dernières doit suivre les évolutions réglementaires et des objectifs de plus en plus ambitieux, notamment en ce qui concerne la réduction et le recyclage des déchets, tandis que les outils industriels de traitement des déchets présents sur le territoire régional se révèlent saturés et vieillissants.

Demain, les collectivités auront moins de déchets à incinérer mais un volume de plus en plus important à recycler. La Métropole grenobloise prévoit ainsi dans son schéma directeur « Déchets » de réduire de moitié la poubelle des ordures ménagères et de recycler deux tiers des déchets collectés sur son territoire d'ici 2030. Dans ce contexte, les outils industriels d'aujourd'hui doivent être adaptés.

En savoir plus sur le schéma directeur "Déchets"

Une mobilisation partenariale

Pour répondre à ce défi, sept collectivités du Sud-Isère, représentant 60 % de la population du département de l'Isère soit plus de 700 000 habitants, ont décidé en 2018 de faire face ensemble. Elles ont convenu de trouver des solutions mutualisées, pérennes et adaptées au plus juste à leurs objectifs et aux réalités de leurs territoires.

Les territoires en question sont : Grenoble-Alpes Métropole, Le Grésivaudan, le Pays Voironnais, Saint-Marcellin Vercors Isère Communauté, la Communauté de communes de l'Oisans, la Communauté de communes du Trièves et la Communauté de communes de la Matheysine.

L'ambition : s'associer pour partager les investissements nécessaires à la construction de nouvelles unités de traitement. Tous les territoires concernés investiront  dans ces outils qui serviront à la mesure des besoins de chacun. Une démarche de coopération territoriale majeure puisqu'il s'agit de maîtriser le coût de traitement des déchets en mutualisant les outils, tout en les modernisant et en les dimensionnant au plus juste.

Deux projets de reconstruction des outils de traitement des déchets industriels sont ainsi envisagés :

Redimensionnement du site d'Athanor

Situés sur un même site baptisé “Athanor”, sur la commune de La Tronche, le centre de tri a été construit en 1993 et l’unité d’incinération et de valorisation énergétique en 1972

 Les équipements étant en fin de vie, il devient nécessaire d'en construire de nouveaux, plus modernes et adaptés aux évolutions futures des volumes de déchets collectés et triés, tels que déterminés dans le Schéma directeur déchets 2020-2030 (réduction des déchets à la source et amélioration du tri).

 

Le projet vise à construire de nouveaux outils industriels de tri et d’incinération sur le site actuel :

•  Un nouveau Centre de tri plus grand (capacité de 51 000 tonnes par an, soit 20 000 tonnes en plus).
Mise en route  prévue pour 2023. 

• Une Nouvelle Unité d'Incinération et de Valorisation Energétique  plus modeste (155 000 tonnes par an, soit 30 000 tonnes en moins). 
Mise en route  prévue pour 2025.

L’objectif est d’assurer la continuité de service en démarrant par la construction du nouveau centre de tri. Une fois que le nouveau centre de tri sera en service, l’actuel sera démoli et la construction de la nouvelle unité d'incinération pourra démarrer. Une fois celle-ci mise en service, l'ancienne unité sera démolie à son tour.

À noter : les chaudières du chauffage urbain qui se trouvent sur le site seront préservées.

Le montant de l'ensemble des travaux est estimé à 172 M€ HT, auquel il faudra ajouter le coût de la démolition des outils actuels.

MODERNISATION DU CENTRE DE COMPOSTAGE

À l’horizon 2022, le centre de compostage de la métropole grenobloise implanté à Murianette sera capable de produire de l’énergie renouvelable (biométhane) issue des déchets alimentaires grâce à la construction d’une unité de méthanisation.

Une évolution nécessaire

Propriété de la métropole grenobloise, le centre de compostage de Murianette a été construit en 1993 afin de traiter une partie des déchets ménagers sous forme de compost à destination de l’agriculture locale. 

Le site de Murianette produit ainsi chaque année plus de 6 400 tonnes de compost à partir des déchets dits « fermentescibles » tels que les épluchures ou les restes de repas extraits des ordures ménagères traitées au centre de tri d'Athanor.

Le Schéma directeur déchets 2020-2030 de la métropole grenobloise, en cohérence avec la loi de transition énergétique pour la croissance verte qui va rendre obligatoire le tri des déchets alimentaires à la source, prévoit de faire évoluer cette chaine de traitement.

Une unité de méthanisation pour produire du biogaz

Le projet de modernisation du centre de compostage prévoit la création d'une nouvelle unité de méthanisation, qui produira du biogaz à partir de la fermentation des déchets alimentaires, dont la collecte a débuté dans la métropole grenobloise (voir notre page "Tri des déchets alimentaires").

Celle-ci impliquera la réalisation des travaux suivants :

  • Un hall de préparation des matières et de compostage
  • Un hangar de préparation des déchets verts (ou déchets de jardin)
  • Un digesteur, qui permettra de créer le biogaz (du biométhane précisément)
  • Une installation d’épuration du biogaz, pour  obtenir le biométhane ayant la qualité requise pour être injecté sur le réseau
  • Un gazomètre, volume tampon de biogaz avant injection au réseau GRDF
  • En complément, le biofiltre présent sur site devra être déplacé et agrandi pour un traitement de l’air adapté

L’ensemble de ces travaux est estimé à 15 M€ HT, auquel il faudra ajouter une mise à niveau des installations actuelles.

La production est estimée à 11 Gwh/an. Cela représente l'équivalent d'1 million de litres de gazoil (soit 2000 véhicules consommant 5l/100 et roulant chacun 10.000 km/an). Après purification, ce biogaz sera injecté dans le réseau de distribution de GRDF et sera consommé localement.

Un mécanisme administratif de « garanties d’origines » sera mis en place pour permettre la revente de cette énergie renouvelable dans la Métropole. Une partie des 69 bus de la SEMITAG fonctionne déjà au biogaz produit par la station d’épuration Aquapole et toutes les bennes à ordures ménagères rouleront au gaz naturel de véhicules d’ici 2025.

Une fois les déchets alimentaires "méthanisés", le résidu est ensuite composté. Environ 8 000 tonnes de compost de haute qualité seront produits chaque année.

Foire aux questions

Retrouvez ci-dessous les questions les plus fréquemment posées sur ces deux projets de reconstruction des outils de traitement des déchets. Cette foire aux questions continuera à s'alimenter en fonction des questions posées lors de la concertation.

  • Va-t-on réellement réduire les tonnages de déchets ?

    La Métropole a des objectifs très ambitieux inscrits dans son Schéma directeur déchets : réduction de 50 % des ordures ménagères résiduelles, de 2/3 des déchets recyclés et réduction de 20 % des « déchets ménagers et assimilés » collectés par les services publics (déchets des ménages + déchets des entreprises et du secteur tertiaire). Les collectivités voisines ont été associées et ont fait la démarche similaire de projection sur les tonnages à l'horizon 2030, avec une perspective de réduction des ordures ménagères et d’augmentation de la valorisation matière.

  • La réduction les déchets incinérés sera-t-elle problématique pour le chauffage urbain ?

    Non, le Schéma directeur déchets s'est construit en totale concertation avec le Schéma directeur énergie et les nouveaux volumes attendus pour l'incinération ont été pris en compte. Les dispositions globales d'économies d'énergie, d’améliorations de l'habitat et de densification du réseau de chaleur existant, ajoutées à la création de la centrale bois Biomax, concourent à l'équilibre du réseau public de chaleur.

    Notons enfin que, si la capacité de l'incinérateur sera réduite, ce nouvel équipement aura une meilleure performance énergétique et la quantité d'énergie valorisée sera équivalente.

  • Quel est le projet prévu sur le site d’Athanor situé à la Tronche ?

    Le projet vise à redimensionner et repositionner les outils industriels de tri et d’incinération sur site actuel. Le nouveau centre de tri sera plus grand que l'actuel et l’incinérateur plus petit.

    L'objectif est d'assurer la continuité de service en démarrant par la construction du nouveau centre de tri. Une fois que le nouveau centre de tri sera en service, l'actuel sera démoli et à sa place, la construction de la nouvelle unité d'incinération pourra démarrer.

    À noter : les chaudières du chauffage urbain qui se trouvent sur le site seront préservées.

    La mise en route du centre de tri est prévue pour 2023. La mise en route de l’incinérateur est prévue pour 2025.

  • Pourquoi ne pas garder l’actuel centre de tri ?

    Le centre de tri a été construit en 1993 et l’Unité d’incinération et de valorisation énergétique (UIVE) en 1972.

    Les équipements sont en fin de vie, il est nécessaire de les moderniser et de les faire évoluer selon les objectifs du Schéma directeur déchets : réduire les déchets à la source et améliorer le tri.

    À noter : les deux délégations de service public du centre de tri et de l’unité d’incinération (formes de délégation entre la Métropole et des sociétés qui gèrent les sites) s’achèvent en avril 2019.

  • Pourquoi ne pas rester en Tri mécano-biologique (dit TMB) ?

    Dans le tri mécano-biologique (TMB), la fraction fermentescible est extraite des ordures ménagères par des machines. Le TMB est basé sur une fréquence régulière de la collecte des ordures ménagères (poubelle grise).

    C’est un choix politique identifié dans le schéma directeur déchet d’arrêter le TMB, pour passer au tri à la source, afin de mieux valoriser la matière. Il est donc demandé aux habitants de faire un geste de tri supplémentaire et par expérience, le tri des déchets recyclables s’améliore aussi.

    À noter que la démarche de tri des déchets alimentaires commence à être mise en place dans certaines communes de la Métropole.

  • La déchèterie publique de La Tronche située dans l’enceinte de l’unité de tri et de traitement va-t-elle être reconstruite ?

    Bien que pour le moment aucun emplacement définitif ne soit défini, la déchèterie sera bien maintenue sur le site.

  • Pourquoi un projet de méthaniseur est-il prévu à Murianette ?

    Cet outil industriel va nous permettre de valoriser les déchets verts et les déchets alimentaires fermentescibles de la poubelle marron (voir notre page « Tri des déchets alimentaires ») pour produire du biogaz et du compost pour l’agriculture. Le gaz sera revendu et directement injecté dans le réseau de gaz naturel GRDF.

  • Sur le site de compostage, les travaux de modernisation vont-ils nécessiter une extension du bâtiment ?

    Oui. Il faudra agrandir un peu les 10 000 m² existants avec 2 000 m² en plus environ pour le process et 1 500 m² pour la préparation et le stockage des déchets verts. Le biofiltre qui traite les odeurs devra aussi être déplacé et agrandi, pour une surface à terme de 1 000 m² contre 700m² actuellement.

  • Existe-t-il un réseau près du centre de compostage de Murianette pour injecter le biogaz ?

    Il existe à la fois le réseau GRT (transport de gaz à haute pression) et le réseau GRDF de distribution du gaz. C’est ce dernier qui serait privilégié, car il nécessite une moindre pression du biogaz à injecter (plus économique). GRDF a confirmé la capacité du réseau à absorber la production de biogaz prévue pour le futur site (soit 130 m3/h, ce qui équivaut à 150 litres de fioul ou 1500 kWh).

  • Un site classé Seveso est installé à côté du centre de Murianette (Sobegal, qui met du gaz en bouteille), cela entraine-t-il un risque ?

    Non, tout d’abord les deux sites sont suffisamment éloignés en distance. Ensuite, la zone de risque d’explosion ne concerne qu’un périmètre restreint à l’intérieur du site de méthanisation de Murianette.

  • Les odeurs dégagées par le centre entrainent-elles un risque pour la santé ?

    La réglementation reconnait comme pollution toute substance susceptible de provoquer des nuisances olfactives excessives qui peuvent impacter la santé. Mais il est à noter que les nuisances olfactives sont souvent perçues à des concentrations très faibles, inférieures aux limites pouvant porter atteinte à la santé.

    Pour les installations de compostage, les autorisations délivrées prévoient en France un niveau d’odeur à respecter. La méthode de mesure du niveau d’odeur est définie par un protocole européen. Ces mesures sont mises en place sur le site.

  • Quel est le devenir des déchets ultimes de l’incinération ?

    Les métaux ferreux et non ferreux sont extraits (entre 2000 et 3000 t/an) des mâchefers (résidus d'incinération) et valorisés en sous-couche routière après maturation (cette phase permet des changements chimiques dans les mâchefers et fixe les métaux polluants) et dans des conditions très encadrées.


    Les autres déchets ultimes sont les résidus du traitement des fumées. Ces résidus qui contiennent les polluants captés dans les fumées, sont classés dans la catégorie des déchets dangereux. Ils sont pris en charge par une installation de stockage spécialisée, en Mayenne ou en Allemagne.

  • Le trafic des camions sera-t-il aussi dense à l’avenir sur le site de la Tronche ?

    Le tonnage du site va globalement diminuer, donc cela sera plutôt favorable à une réduction de camions sur le site.

    L'usine d'incinération et de valorisation énergétique, qui traite 185 000 tonnes par an actuellement, passera à 155 000 tonnes en 2026.

    Le centre de tri, qui traite 35 000 tonnes actuellement, passera à 55 000 tonnes en 2023. Et les déchets alimentaires sui représentent 18 000 tonnes, iront directement à Murianette alors qu'ils sont aujourd'hui extraits à Athanor via la chaîne mécano-biologique.

  • Le nouveau centre de tri sera-t-il moins polluant ?

    Les normes sont de plus en plus strictes et induisent donc des rejets de moins en moins polluants. Elles sont révisées tous les 10 ans environ. La prochaine révision des seuils est en cours et devrait être actée en 2020.

    Ce sont des directives européennes qui fixent les normes, charge à chaque pays de les faire appliquer ensuite en les transcrivant dans le droit national.

    Pour parvenir à la fixation de ces nouveaux seuils, la Commission européenne thématique travaille avec des experts et des universitaires pour mettre en œuvre, sur chaque site, les meilleurs techniques disponibles existant actuellement à l'échelle européenne.

    Les dernières normes s'appuient sur l'arrêté ministériel du 20 septembre 2002 relatif aux installations d'incinération et de co incinération de déchets non dangereux et aux installations incinérant des déchets d'activités de soins à risques infectieux.

  • Quelle surveillance environnementale des rejets est-elle mise en place ?

    Les polluants contenus dans les rejets atmosphériques sont mesurés en continu à l’aide d’analyseurs installés en sortie de cheminée. Des mesures ponctuelles sont également réalisées périodiquement par des organismes extérieurs. Les polluants suivis sont notamment les poussières, les oxydes d’azote (Nox), les dioxines de soufres (SO2), les dioxines et les métaux lourds.

    Les concentrations en dioxines et métaux lourds sont aussi mesurées, par des organismes spécialisés, dans des matrices (sols, choux, lichens) localisées dans l’environnement proche de l’installation.

    Enfin, l’air ambiant est surveillé via des campagnes de mesures spécifiques conduites par Atmo Auvergnes-Rhône-Alpes.

    Pour plus d’informations : rapport 2018 sur la surveillance environnementale d’Athanor

  • Les nouvelles usines vont-elles faire plus de bruit ?

    Les nouvelles usines intégreront, comme actuellement, des compresseurs qui sont source de bruit, mais les équipements seront modernes et mieux intégrés que les équipements actuels, réduisant ainsi la nuisance sonore.

  • Les deux sites se trouvent à proximité de l’Isère, en zone inondable, existe-t-il des risques ?

    Le plan de prévention du risque inondation (PPRI) autorise des extensions d’activités au niveau du centre de compostage.

  • Quel est le budget pour moderniser ces outils industriels ? Qui va payer ?

    Lors du Conseil métropolitain de novembre 2017, la modernisation des unités de traitement (centre de compostage + incinérateur + centre de tri) a été validée avec un budget de 187 millions d’euros, dont 15 millions pour la méthanisation. Le budget provient de la TEOM (Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères) et de recettes complémentaires liées à la valorisation des déchets (vente de l’énergie, vente des matières recyclées, redevance spéciale, soutiens des éco-organismes, etc.). À terme, la vente du biogaz amènera des recettes.

    La Métropole n’investira pas seule dans le projet de reconstruction de l’incinérateur et du centre de tri, un partenariat politique a été acté entre la Métropole et les 6 communautés de communes voisines. Ces Établissements Publics de Coopération Intercommunale partenaires sont la Matheysine, l’Oisans, le Grésivaudan, le Trièves, Saint-Marcellin Vercors Isère Communauté et le Pays Voironnais. Ces collectivités se sont associées pour investir dans la modernisation de l’outil qu’elles utiliseront.

    Pour plus d’informations, voir le rapport d’activités sur les déchets urbains et la présentation du Schéma Directeur Déchets.