Actualité Grenoble-Alpes Métropole - Toute l'actualité de la Métro - Portail de La Métro - Grenoble Alpes Métropole - Lien de retour vers l'accueil

Actualité Grenoble-Alpes Métropole - Toute l'actualité de la Métro - Portail de La Métro - Grenoble Alpes Métropole - Lien de retour vers l'accueil

Participation des habitants : 3 questions à Alain Faure


Actualité - jeudi 03 novembre 2011

Chercheur en science politique à Grenoble, Alain Faure est l’un des intervenants du débat public organisé lundi 7 novembre à la MC2 autour de la place des citoyens dans les projets de développement urbain. Il évoque ici quelques points qui seront abordés lors de cette soirée et lors du Congrès de l’INTA.

Quelles sont les différentes façons de travailler avec les habitants dans les projets de développement urbain  ? Comment l’exercice de la démocratie qui est souvent décrit et outillé dans des relations de proximité peut-il s’exprimer à des échelles plus vastes ?

Tels seront les thèmes qui seront abordés lors de ce débat organisé dans le cadre de l'Inta, qui confrontera 6 professionnels, élus et représentants de la société civile, dont Jon Aguirre, porte-parole du collectif Real Democracia Ya!, à l'origine du mouvement des Indignés et Alain Faure, directeur de recherche CNRS à l’Université de Grenoble, dont les activités portent sur les politiques publiques, la décentralisation et les élites politiques locales.

Ce cernier répond à quelques questions, en préambule à cette soirée.

• Pensez-vous que les habitants ont aujourd’hui, plus qu’hier, envie -ou besoin- de faire entendre leurs voix auprès des décideurs politiques qu’ils ont élus ? 


En première lecture, oui : l’idée que les décisions ne doivent plus être imposées de façon unilatérale par le haut, par des élus ou par des experts progresse. Mais il faut être vigilant, dans cette revendication du droit à la parole, à ne pas écouter que ceux qui parlent mieux ou plus fort.

Les enquêtes sociologiques nous permettent de repérer des inégalités croissantes, y compris sous la pression des dispositifs participatifs, et on constate que la parole libérée a un impact compliqué sur les sujets de société sensibles comme l’immigration, le handicap, l’éducation, la culture ou le développement économique.

• Le mouvement des Indignés vous semble-t-il l’expression mondialisée d’un besoin de participation, ou simplement une réaction de colère devant les abus de la finance mondiale ?

C’est assurément un mouvement de colère et d’impuissance, un sursaut de fierté aussi dans un système où les individus se sentent broyés. L’énergie des indignés est existentielle, mais gardons-nous ici aussi des schémas simplistes : les procès sans nuance en indignité (les banques, les entreprises, les élus, les administrations…) peuvent être contre-productifs et même parfois irresponsables, au sens où ils stigmatisent sans dégager nécessairement de solutions collectives.

Il faut d’ailleurs noter que les Français, habitués à un modèle très corporatiste de défense de «leur» intérêt général, sont hésitants face à ces voix trop libres, comme si les chasses gardées des financements publics étaient potentiellement menacées... Ce paradoxe mérite réflexion! 



• Dans un texte publié cette année avec Marc Baïetto , vous évoquez les problèmes auxquels sont confrontées les grandes régions urbaines françaises : exclusion, violence, déclassement, ghettoïsation de catégories de population, qu’elles soient riches ou pauvres… Dans quelle mesure la participation des citoyens peut-elle concourir à résoudre ces problèmes ?

Nous sommes là au cœur du débat qui va être ouvert dans le Congrès de l’INTA : la parole citoyenne est parfois, aussi, conservatrice et autocentrée. Tout le monde revendique les vertus du développement durable, de l’éco-citoyenneté, des villages authentiques et des quartiers festifs et conviviaux.

Mais qui s’occupe, à l’échelle de la grande région de Grenoble, des poches croissantes d’injustice et de fracture sociale ? Les habitants ont sûrement leur mot à dire, mais à condition d’engager aussi un travail de diagnostic sur tous les micro-égoïsmes de la société actuelle.

À cet égard, les «Conseils de Développement» des collectivités intercommunales peuvent jouer un rôle pédagogique central : le souffle de la démocratie, ce n’est pas seulement la spontanéité individuelle, c’est aussi de l’intelligence collective au service d’un destin partagé. Il faut «dépasser les bornes» et j’espère que le Congrès de l’INTA nous aidera sur cette voie escarpée !

 

> Débat public "Citoyens d'ici et d'ailleurs : comment se faire entendre ?"
Lundi 7 novembre à 18 heures - à la MC2- Entrée libre et gratuite
Rue Paul Claudel (entrée avenue Marcellin Berthelot) à Grenoble
Tram A  arrêt Maison de la culture - Bus 26 arrêt Malherbe
Plus d'infos

 

Voir toutes les actualités

Plan du site   Mentions légales   Contact   Credits

Grenoble-Alpes Métropole - 3 rue Malakoff 38031 Grenoble cedex - 04 76 59 59 59 © 2009 Grenoble-Alpes Métropole - Communauté d'agglomération. Tous droits réservés.